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11 janvier 2009 7 11 /01 /janvier /2009 11:48

 CLAUDE BRASSEUR  AU 22ème R.I. à TENES                                                                                                                         Claude LESPINASSE, plus connu sous son nom d'acteur Claude BRASSEUR, comédien renommé, artiste de cinéma international, a été affecté après ses classes en FRANCE, à la CCS de l'Etat Major du 22ème Régiment d'infanterie à TENES au printemps 1958.
Logé à la caserne LAVARANDE, il n'a pas bénéficié d'un régime de faveur, et, comme ses collègues de régiment, il a effectué les gardes de jour comme de nuit à la caserne ,ou à l'Etat Major. De même il a crapahuté de nombreuses fois avec le commando du secteur qui était basé à TENES.
Il raconta à ses camarades de chambré, émmerveillés et ébahis sa rencontre avec Brigitte BARDOT la starlette de l'époque, dont la photo ornait les têtes de lits d'un grand nombre de nos jeunes soldats.
Il a ensuite été envoyé à POINTE ROUGE pour y effectuer le peloton de sous officiers, puis réaffecté à TENES jusqu'à sa libération.



Au restaurant  Louis PAREDES avec .............................X .................................. et Claude BRASSEUR


              Michel FETIVEAU.























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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 15:07

La Famille LALLEMAND et le 22ème RI

 

 

 

Le père - Le Colonel LALLEMAND prît le commandement du 22ème Régiment d’Infanterie dont l’état major était à Ténès, dans le courant de l’année 1958.

Ses quatre fils servirent dans l’armée, durant la guerre d’Algérie.

Il a rapatrié ses harkis de Ténès, en les embarquant sur un « pinardier »  en 1962 pour leur éviter des exactions du FLN.

 

L’ainé - Guy sous lieutenant au 1er RCP, fut tué à la tête de sa section dans les Aurès le 05 mars 1956.

 

Le secondGérard  était sergent au 60ème Régiment d’infanterie.

 

Le troisièmeYannick sous lieutenant au 22ème régiment d’infanterie dans le secteur de Ténès en 1959. Devenu aumônier en 1970, affecté chez les parachutistes, il adorait  voler ; « je suis plus près du seigneur » disait-il. Il avait plus de 1000 sauts à son actif, et se surnommait lui même « le morpion des carlingues » ;

 

Le quatrièmeJacques  sous lieutenant au 22ème régiment d’infanterie, il était à la tête d’un commando à Ténès en 1961. C'est lui, qui sur ordre de son père, évacua les harkis en 1962 et força le blocus policier pour permettre leur embarquement sur le bateau. 


    Michel FETIVEAU.

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5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 11:36

  LES MIRACULES DU VENDREDI SAINT 1957

 

 Le Village du Vieux Ténès vue des gorges.


 

C’est vraisemblablement à la suite de la décision du Général de BREBISSON de lancer une opération pilote d’installation d’une Section Administrative Spéciale (SAS ) dans le secteur tenu par le 22ème RI, et le passage du Capitaine ASSEMAT chargé de cette mission en mars 1957 à TENES, que le Colonel RIEUTORD commandant le 22ème RI décida d’implanter un poste au VIEUX TENES.

Fin mars 1957, il me chargea de l’installation de ce poste, dans une petite école désaffectée en plein milieu de la casbah du VIEUX TENES. Le poste était entouré de toutes parts par des maisons et des courettes, seuls un pignon et le mur de la cour donnaient sur une petite placette à l’extrémité sud-ouest de laquelle, se trouvait la nouvelle école.

 

 

           La Mosquée Sidi Maïza.

 

Le VIEUX TENES était une ville fortifiée, très ancienne, bâtie en l’an 875 par des Andalous. Située sur un plateau rocheux, elle était entourée presque totalement par l’oued ALLALAH dont les gorges profondes formaient un oméga presque parfait. La ville était dominée par la Mosquée  SIDI MAIZA édifiée au Nord-Est sur les hauteurs du plateau. Construite au début du 10ème siècle, elle est l’une des plus ancienne du pays. Des rues très étroites, m’interdisaient tout véhicule, et pour me rendre à TENES il me fallait demander à la CCS de venir me chercher, puis me reconduire ; le retour de nuit étant fortement déconseillé.

 

Ma mission fût de sécuriser la ville, d’effectuer le recensement de la population , d’attribuer des laissez-passer, et d’aider les familles à établir leurs documents administratifs. C’était la pleine période de la pacification. A ce titre les barbelés et les chevaux de frise me furent refusés et nous devions nous déplacer dans la ville au maximum qu’à trois hommes, et, avec une seule arme. Cette instruction fut très rarement respectée.

 

J’emménageais donc fin mars avec une quinzaine d’hommes dans deux pièces au niveau haut de l’école. La première me servait de bureau et de chambre, la seconde était occupée par le reste de la garnison. Nous disposions également d’un sous sol qui ouvrait sur une cour plantée de deux ou trois arbres, où nous avions aménagé une table et trois bancs pour prendre nos repas. La douche constituée d’un bidon de cent litres posé en plein soleil sur le palier de l’escalier qui desservait la cour, et, d’une toile de tente tendue sur des piquets de bois, pour protéger notre intimité, fut installée dans la cour. Un chemin de ronde fût construit le long des murs pour assurer notre sécurité, il servait de poste de surveillance pour les sentinelles, et au besoin de poste de combat. La nuit une troisième sentinelle installée au dessus de mon bureau grimpait dans les combles, et surveillait, du toit de notre cantonnement.

 

       On déjeune dans la cour du poste.


Notre premier travail fût de remettre en état l’éclairage public, la Société Algérienne d’Electricité refusant d’intervenir pour des raisons de sécurité. Depuis le commencement de la rébellion elle ne réparait plus au VIEUX TENES. Ils nous prêtèrent une paire de grimpettes, et fournirent les ampoules. Ce travail fut très apprécié par la population qui bénéficiait ainsi d’un éclairage gratuit dans les cours intérieures de leurs maisons. Les lampadaires à proximité de notre poste furent équipés d’abat-jour complémentaires, bricolés avec de grosses boites de conserve, pour maintenir le poste dans l’obscurité et renforcer la sécurité des sentinelles la nuit.

 

       

       La place à l'entrée du Vieux Ténès


Le contact avec la population fut apparemment cordial, et nous avons recensé toutes les familles, en établissant une fiche individuelle pour tout habitant de plus de quinze ans, complétée par une fiche familiale dont un exemplaire restait au domicile. J’ai eu l’occasion dans le café Maure situé sur la petite place à l’entrée du VIEUX TENES de prendre le café à la menthe avec des anciens combattants, ce café était délicieux. De même je fus invité à boire le thé chez l’Imam où j’avais personnellement fait le recensement de la famille. Il est vraisemblable qu’il était favorable au FLN, mais il me reçut très courtoisement. Seuls les instituteurs pourtant Européens nous refusèrent l’entrée de l’école. Je n’en référais pas à l’état major.             .

 

                 

      Les gorges de l'oued ALLALAH


 
Le 19 avril 1957, jour du Vendredi Saint, le caporal Roland BAUDRU, armé d’une mat 49, à la demande du sergent PAREDES, partit vider la poubelle dans l’oued avec les soldats BRIAND et SERVANT, chacun leur poignée de poubelle. Ce jour, les instructions de l’état major, « trois hommes avec une seule arme », étaient respectées. Le fond de l’oued était au maximum à cent mètres de notre poste. L’aller fut sans histoire, au retour par contre, ils furent pris dans une embuscade par une quinzaine de HLL. « Haut les mains !… » toute défense avec leur seule arme et la poubelle aurait été suicidaire. Rapidement ils furent entrainés dans le djebel environnant.

 

Dans la fuite, ils croisèrent de nombreux groupes HLL en treillis et fortement armés. La marche fut harassante, les rebelles imposant un rythme accéléré pour fuir une éventuelle poursuite, et les menaçant à tout moment de les égorger.

 

 

           La rue qu'ils empruntèrent .


A la demande de Roland BAUDRU, le coiffeur et l’aumônier étaient passés ce jour au VIEUX TENES,. L’aumônier n’ayant trouvé qu’un seul militaire à confesser, me demanda s’il avait vu tout le monde. N’ayant pas rencontré BAUDRU, j’envoyais le sergent le rechercher avec quatre ou cinq hommes armés, mais ils ne me ramenèrent que la poubelle vide.

Je partais immédiatement sur place avec le même groupe, aucun enfant comme d’habitude ne trainait dans les rues, je pénétrais dans deux ou trois maisons, les habitants n’avaient rien vu, et rien entendu. Ils avaient très peur. BAUDRU ce jour là, avait été désigné pour assurer la sécurité d’un convoi qui partait à DUPERRE chercher des munitions ; désirant rencontrer l’aumônier, il s’était fait remplacer par BARBE Francis , et en contre partie il effectua la corvée de poubelles.

 

Je présentais immédiatement le pire, et je  regagnais rapidement notre poste d’où j’appelais mon Capitaine à la CCS, qui, sans doute craignant que l’on retrouve nos gars à se distraire dans le village ou dans l’oued, me demanda de saisir directement le Colonel. Ce dernier pris une décision immédiatement. Il me dit qu’il se chargeait de mettre en place le bouclage ; il me demanda de solliciter un appui aérien à ORLEANSVILLE, et d’organiser avec mon commando en poste à TENES, et, le renfort d’un peloton de quinze gendarmes mobiles, la poursuite et le ratissage.

 

 

      Le T6 qu'on appelait le petit jaune.


A onze heures, tout mon monde était au VIEUX TENES, où, personne ne trainait dans les rues ; « le téléphone Arabe avait fonctionné ». Les visages étaient graves et tendus . Les copains du poste avaient rangé les affaires des trois collègues, et récupéré des lettres non terminées à leurs parents. J’étais très inquiet et m’efforçais de ne pas le montrer. Rapidement deux avions T6 « les petits jaunes » comme on les appelait étaient sur zone , et faisaient des cercles concentriques de plus en plus larges.

 

Mon commando était constitué de 30 appelés du contingent, d’un adjudant et d’un sergent chef, tous deux d’active, et d’une harka de vingt cinq hommes ; je disposais de plus de quatre chiens du groupe cynophile de MONTENOTTE, que j’emmenais de temps à autre en opération avec leurs maîtres.

 

Aussitôt la traversée de l’oued, les chiens avec des vêtements de nos trois prisonniers, furent mis au travail ; au premier embranchement de pistes, le chien des gendarmes n’était pas sur la même piste que les nôtres. Les gendarmes étaient sûrs de leur chien, personnellement je suivais plutôt les quatre autres. Je décidais donc de scinder le groupe en deux.

Les gendarmes partant de leur côté et mon commando de l’autre.

 

 

 Une partie du commando au défilé du 11 novembre 1957

 

Le bouclage constitué très rapidement avait des mailles très larges, il était formé par toutes les compagnies installées sur le secteur, mais c’était peu. Heureusement les T6 avaient bloqué les fuyards qui s’étaient cachés dans des bosquets. De mon côté le ratissage comptait en tout et pour tout soixante hommes, et l’on n’ avançait pas vite, il fallait fouiller tous les buissons et chercher la piste. De plus les chiens partaient dans  toutes les directions, et il fallait revenir en arrière, faire renifler les vêtements, et suivre la piste choisie par le plus grand nombre de chiens.

 

Ce fut la défaillance d’un poste radio SCR 300 qui sauva la situation. Pour réaliser une liaison avec un petit poste SCR 536, une unité du bouclage envoya un groupe au sommet d’un piton,  afin que les communications passent. C’est lors de ce mouvement qu’un harki ayant aperçu quelque chose bouger dans un buisson, tira ses deux coups de fusil de chasse. Les HLL s’enfuirent, l’un d’eux essaya d’abattre les trois prisonniers avec la mat 49 qu’il avait récupérée, mais ne sachant pas bien s’en servir, et nos trois gars s’étant recroquevillés dans un fond de trou, la rafale passa au dessus d’eux, et personne ne fut touché. Le porteur de l’arme fut abattu, ainsi que quatre autres HLL. Nos trois prisonniers étaient sous le feu des deux parties, ils crièrent qu’ils étaient Français, et les tirs des nôtres s’arrêtèrent.

 

 

                   Le djebel.


Le bilan de cet accrochage était le suivant : trois soldats libérés, cinq fellagas abattus, huit prisonniers et sept armes dont la nôtre, récupérées.

 

Il était aux environs de dix huit heures lorsque je fus informé par l’état major, qui me demanda de rejoindre TENES. J’étais encore à plus d’un kilomètre de l’accrochage, et le vent ne portant pas, nous n’avions pas entendu les coups de feu. Les T6 qui s’étaient relayés toute la journée, firent un passage en rase motte en battant des ailes pour nous dire au revoir et retournèrent à leur base. J’appelais par radio la CCS de TENES , et à l’aide de la carte d’état major, je leur fixais un point de ralliement pour que mes véhicules viennent me récupérer.

 

On était euphorique, la joie brillait sur tous les visages, de plus nous n’avions croisé aucune âme qui vive, ce qui m’avait bien facilité la tâche, car dans l’état d’excitation où étaient tous mes hommes, j’aurais eu beaucoup de peine à les retenir.

 

J’ai récupéré vers les deux heures du matin nos trois rescapés, qui avaient été débriefés par le deuxième bureau. C’était vraiment des miraculés. Nous n’ étions pas couchés, ils regagnèrent le VIEUX TENES, et l’on fit la fête.

 

        

                             On fit la fête

 

Ils nous racontèrent toute leur journée et toutes leurs peurs : leur enlèvement, la traversée de l’oued, où SERVANT qui avait des ampoules aux pieds, était parti à la corvée en savates, il les avait perdus en traversant l’oued, et avait fait toute l’équipée pieds nus. La dispute entre les HLL, certains voulant les égorger et l’un des prisonniers s’étant retrouvé avec un couteau sur la gorge .De son côté le chef de groupe voulait les emmener à BEN BELLA en TUNISIE. Heureusement son autorité emporta la décision et préserva ainsi la vie des prisonniers. Lui même fut fait prisonnier ; c’était un sergent Algérien qui avait déserté l’Armée Française. A ce titre il fut jugé à ORLEANSVILLE par un tribunal militaire, et nos trois prisonniers lui furent confrontés. Ils déclarèrent à cette occasion, qu’aujourd’hui, s’ils déposaient devant ce tribunal, s’était grâce à lui, qui leur avait indirectement sauvé la vie. Je ne sais pas quelle fût la décision du tribunal à son encontre.

 

Jusqu’à ma libération début janvier 1958, j’ai occupé le poste du VIEUX TENES. C’était stressant , les hommes étaient de garde toutes les nuits. Personnellement je m’absentais lorsque je partais en opération avec mon commando, ce qui était très fréquent.

 

Voilà toute l’histoire des miraculés du Vendredi Saint 1957.

 

 

 

 Le Sous Lieutenant commandant le poste du Vieux Ténès.

 

 

 

                                               Michel FETIVEAU.

 

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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 16:44

 

 PRISONNIER AU MAROC

 

 

 

Jean GUIRRIEC a été incorporé en septembre 1957 à MAISON LAFITTE ou il fait ses quatre mois de classe. Puis, c’est le départ pour MARSEILLE et la traversée de la Méditerranée direction ALGER la blanche.

 

Il est affecté au 22ème RI à la 8ème Compagnie au Bordj TAOURIRA à proximité de TENES.

 

Il se retrouve dans la même compagnie que Raymond PONTON dont nous avons raconté précédemment l’histoire. Avec lui, GUIRRIEC est désigné le 24 février 1958 pour se rendre à la Baie des SOUHALIA , à proximité de FRANCIS GARNIER, pour effectuer une corvée de bois pour l’alimentation de la cuisine. La moitié de la compagnie dont il fait partie, prend les camions et l’autre moitié fait le chemin à pied.

 

Le travail terminé les groupes sont inversés et GUIRRIEC rentre au poste à pied, à travers le djebel. Son groupe compte une trentaine d’hommes. Eclaireur de pointe, il progresse rapidement. La piste grimpant vers le col de TAZAMOUT est étroite, et les soldats marchent en file indienne en respectant les distances de sécurité entre chaque homme. C’est dans un passage resserré entre les parois abruptes de la montagne que notre groupe est tombé dans l’embuscade. Les fellaghas avaient bien préparé leur coup . La fusillade était très intense les assaillants utilisant des armes automatiques, et beaucoup d’entre nous tombèrent sous les premières rafales. L’aspirant qui commandait la section essaya bien d’organiser notre défense, mais les fells étaient beaucoup plus nombreux et bien armés, de plus ils avaient bénéficié de l’effet de surprise. Nous ripostions de notre mieux . Dans la bagarre GUIRRIEC aperçoit un copain blessé en difficulté, rapidement il se porte à son secours et le hisse sur ses épaules pour le mettre à l’abri. La fusillade est de plus en plus intense et des impacts de balles marquent le sol autour d’eux. Tout à coup son copain s’affaisse , il vient d’être touché une seconde fois. Du sang se répand sur l’épaule et la poitrine de GUIRRIEC, manifestement son copain est touché à mort. Il le laisse glisser au sol et il constate qu’il a une plaie importante au cou. Dans un éboulis de roche, il aperçoit une faille dans laquelle il se glisse ,il espère ainsi échapper au massacre. GUIRRIEC à lui même été touché à une main, il a épuisé ses munitions et il a le sentiment qu’il est en survie. Les renforts sont loin, et le radio ayant été touché dès les premiers tirs, aucun message n’a pu être envoyé pour les prévenir.

 

Le tir a cessé, les fellaghas armes braquées progressent par bonds et commencent à ratisser le terrain. Très rapidement ils découvrent GUIRRIEC et à coup de crosse le font avancer vers un groupe d’hommes. Hormis les cadavres GUIRRIEC ne voit aucun de ses camarades. Un autre groupe vient les rejoindre avec un autre prisonnier d’origine Algérienne qu’il ne connaît pas.

 

Très rapidement les fells ramassent les armes et les habillements des cadavres, sans oublier les pataugas. Puis ils se regroupent et décrochent rapidement de peur de voir arriver des renforts alertés par les coups de feu.

 

Poussé par les rebelles, Jean GUIRRIEC suit le rythme rapide de la marche, il souffre de sa main, mais ne se plaint pas. Lors d’une halte le chef rebelle l’interroge sur le poste tenu par la compagnie, et sur son équipement. Il semble d’ailleurs avoir déjà beaucoup d’informations.

 

Le lendemain GUIRREC apprend que l’autre prisonnier a été égorgé, et il s’inquiète sur son  propre sort. Ne va t’on pas lui aussi le supprimer.

 

La nourriture est chiche, et il faut marcher et marcher encore. Quelques jours plus tard ses ravisseurs le confie à une autre équipe, et il en sera ainsi tout le long du trajet à chaque fois qu’il changera de Willaya et de secteur.

 

On circule la nuit, et l’on se repose le jour pour éviter de croiser des militaires Français. Les caches sont diverses, parfois des constructions de fortune sous des taillis dans les bois, des grottes, ou des mechtas très isolés et loin de tout passage. Lors d’une halte sa plaie est nettoyée et désinfectée, et un pansement lui est appliqué. Quelques médicaments lui sont administrés. Chaque nuit la troupe progresse, on lui parle peu, mais on l’a toutefois prévenu qu’en cas d’accrochage , il serait immédiatement descendu. Les régions qu’ils traversent sont variées, des forêts, des plaines d’alpha, de la montagne et des cols enneigés, des oueds en crue. Après de très nombreux jours de marche, ils arrivent a proximité de COLOMB-BECHAR, près du barrage électrifié édifié à la frontière avec le MAROC. Le passage ne se fait pas sans difficultés et, c’est la captivité au MAROC à proximité d’OUJDA. Passé de l’autre côté de la frontière les fellaghas circulent librement en arme , ils sont en pays ami. Il est enfermé dans un bâtiment avec une cour intérieure où il retrouve 14 autres prisonniers Français . En discutant avec eux, il se rend compte que son périple en ALGERIE a duré plus de trois mois. La prison est spartiate, une paillasse à même le sol et une couverture, la nourriture n’est pas variée, poids chiches, oignons, lentilles et couscous sans viande.

 

Un jour ils sont autorisé à écrire à leurs parents, leur courrier étant acheminé par la croix rouge. Le temps leur paraît long, leur incarcération va durer six mois ; six mois de peur, leur sort étant toujours incertain.

 

Un matin un officier leur annonce que huit d’entre eux seront libérés en échange de prisonniers Algériens. Après un tirage au sort, GUIRRIEC fait partie des heureux élus . Ils sont remis à l’ambassade de France à RABAT, et après une douche et une coupe de cheveux, ils sont présentés à la presse. Les familles sont averties et GUIRRIEC et ses sept copains embarquent dans un avion à destination de VILLACOUBLAY.

 

A PARIS c’est l’accueil par les autorités et les familles, que de joie de pouvoir serrer ses parents dans ses bras après cette longue incarcération. Puis ce sont des examens médicaux, et une permission bien méritée. GUIRRIEC est ensuite hospitalisé à RENNES pour sa blessure à la main, puis il est affecté à QUIMPER où il termine son service militaire.

 

Son odyssée s’est bien terminée, il fait partie des rares prisonniers Français de cette guerre d’ALGERIE qui ont réintégré leur foyer, beaucoup ayant été soit, immédiatement tué, soit fusillé en captivité après un simulacre de procès.


          Michel FETIVEAU. 

 

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