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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 09:35

LE 1er R.E.P. EN OPERATION DANS LE SECTEUR DE TENES.

 

Ce texte est extrait d'un article publié sur le site Internet du 1er R.E.P.

 

4 février 1959. Une fois de plus, il pleuvait. A torrent. Le 1er R.E.P. roulait sans arrêt. Indéfiniment, dans un paysage noyé. Il avait quitté ZERALDA dans la matinée en direction de l'ouest. Avec le calme des vieilles troupes, officiers, sous officiers, et légionnaires se laissaient transporter par les camions du lieutenant GORRY sans même chercher où on allait, cette fois ci, atterrir. Il y eu plusieurs contrordres dans la journée. Des feintes probablement. A minuit, les véhicules se rangèrent en formation sur un terrain vague, à l'ouest de TENES. Plutôt que d'installer les guitounes dans la boue, mieux valait attendre le jour dans les camions. On s'installa au mieux. Le régiment s'endormit. La première offensive CHALLE était commencée. C'était le jour J de l'opération "ORANIE"

 

Le secteur de TENES était un secteur "pourri". Le fellagha régnait et imposait sa loi. Il tenait la plage désertée de TENES sous son feu. Le ravitaillement du sémaphore ou l'armée de l'air avait installé un radio-phare se faisait par convoi protégé, voué aux embuscades. Il ne se trouvait pourtant qu'à six kilomètres de la ville! La route côtière était abandonnée, les ponts coupés. On ne l'empruntait qu'une fois par quinzaine pour ravitailler les villages de la côte : POINTE ROUGE, EL MARSA, LE GUELTA. On avait ensuite décidé de les ravitailler par la mer.

 

Les gendarmes, enfermés dans leurs casernes, ne cultivaient même plus leurs jardins. La route TENES – ORLEANSVILLE, cordon ombilical du secteur, restait péniblement ouverte. Les villages de l'intérieur étaient des villages assiégés. Les liaisons étaient longues, lentes et pénibles. Les jours passaient lentement. Les malheureuses unités implantées occupaient le plus clair de leur temps à assurer leur subsistance. Seul, le commando vietnamien, retrouvé avec joie par le régiment, maintenait un peu de présence militaire dans ce renoncement général. C'était un secteur d'ALGÉRIE parmi tant d'autres…. Ici régnait la katiba du terrible MENOUAR.

 

Le 1er R.E.P. avait eu affaire à lui quelques jours auparavant, le 27 janvier, alors qu'il participait sans conviction, dans l'OUARSENIS, à une opération qui semblait mal montée. A midi, le colonel BROTHIER avait appris par radio qu'un accrochage avait eu lieu loin de là, dans le secteur de TENES. Il avait demandé aussitôt l'autorisation d'intervenir et l'avait obtenue. Alors, avait commencé un véritable rallye.

 

Les compagnies se regroupèrent. Elles refirent à toute allure, en sens inverse, les kilomètres de montagne qui Les-roulettes.jpgles séparaient de leurs camions. Les rames du GORRY étaient déjà prêtes à partir, tête tournée vers le nord. La compagnie CHIRON arriva la première. Elle embarqua et démarra. Il fallait faire vite. Toutes les consignes de sécurité furent levées. Plus de vitesse limite. Mille mètres de dénivelé en virages, soixante kilomètres à une rapidité folle. ORLEANSVILLE fut traversé en trombe. Jamais sans doute une unité du train ne prit autant de risques sur la route que ce jour là, la compagnie GORRY du G.T.507? Les conducteurs faisaient merveille. Ils savaient que le succès dépendait en grande partie de leur adresse au volant. D'ailleurs, que n'aurait-il pas fait pour leurs copains, les bérets verts ? Pendant que ceux-ci se bagarraient, ils veillaient sur leurs paquetages avec un soin jaloux? Et quand un légionnaire ne revenait pas du combat pour reprendre sa place dans le camion, c'était bien souvent eux, les petits gars de GORRY, qui versaient les premières larmes.

 

Les chefs de voiture étaient tendus. Les légionnaires, un peu inquiets, regardaient défiler les arbres sans dire un mot. Les camions stoppèrent enfin. Un cri se répercuta : "A terre".

 

Sur la route près de RABELAIS, les hélicoptères étaient là. Les hommes embarquèrent dans la foulée. La formation s'enleva et alla les déposer sur les hauteurs qui dominent le village de PAUL ROBERT et son Helico-en-formation.jpgvignoble réputé. A 17 heures, les deux premières compagnies héliportées qui, depuis le matin, avaient parcouru près de cent kilomètres en camions, une quinzaine à pieds et vingt cinq en hélicoptères, qui avaient grimpé jusqu'à la côte 1000 pour redescendre dans la plaine et se faire hisser sur la côte 900, entamaient leur mouvement. Presque aussitôt, elles accrochèrent.

 

La fatigue s"envola immédiatement. On retrouva la cadence. Quarante minute de lutte sèche et violente, une demi-heure de fouille de terrain. La nuit tomba sur le premier succès du R.E.P. dans le secteur de TENES. La katiba MENOUAR, le maître invincible et redouté de la région, laissait trente hommes et leur armement sur le terrain. La nouvelle se colporta à travers les djebels. Dans les villages tout le monde se réjouit. Les vignerons de PAUL ROBERT, en signe de reconnaissance, offrirent aux légionnaires parachutistes un tonneau de leur cru.

 

Le 1er R.E.P. retrouva donc MENOUAR le 14 février. Le sous groupement "lilas", commandé par VERGUET, eut la chance de le lever. CHIRON qui traversait une période particulièrement faste, en faisait partie. Là encore, la rapidité, le coup d'œil et la foudre des cadres du 1er R.E.P. firent merveille. Le compartiment de terrain était pourtant bien grand pour trois compagnies. La compagnie YSQUIERDO montait la vallée en venant de la mer. Devant elle, les fells s'enfuirent. Ils risquaient de passer entre les compagnies de CHIRON et de GLASSER qui tenaient les hauts, mais dont les effectifs ne permettaient pas de tenir toute la crête. Les rebelles marchaient justement en direction d'une série de petits cols non gardés. S'ils parvenaient à les franchir, ils pourraient basculer dans l'autre compartiment de terrain et disparaître.

 

"Allez-y" dit seulement CHIRON à son chef de section de tête, l'adjudant RENAUD.

 

RENAUD avait longtemps sollicité comme une faveur son affectation dans une compagnie de combat; Il avait longtemps rêvé d'ordres aussi simples, de situation aussi critiques. Depuis longtemps il voulait foncer. Il fonça. D'avion, on aurait pu voir les deux groupes ennemis se ruer l'un vers l'autre : la section RENAUD, dévalant la crête vers le premier col, la section fell grimpant à perdre haleine par le thalweg. Les adversaires s'entrechoquèrent comme deux vagues, dans le crépitement des balles et l'explosion des grenades. RENAUD, en tête, n'avait pas besoin d'exhorter ses légionnaires. Lui-même tomba de tout son long, bras en croix, transpercé, au milieu du col. Pour lui, c'était fini. Mais c'était aussi fini pour les fells. Aucun ne passa. Quand on fit les comptes on dénombra trente sept cadavres de rebelles, autant d'armes dont une mitrailleuse et deux fusils mitrailleurs. Mais on découvrit surtout le corps du chef redouté.

 

MENOUAR était mort. A quelques pas de lui, gisait un être étrange. Quand on ouvrit, pour l'identifier, ses habits de guerrier, on constata que des liens comprimaient sa poitrine. C'était la femme de MENOUAR qui s'était déguisée en homme pour mieux se battre.

 

NDLR. Tout en reconnaissant le courage et les résultats obtenus par le 1er R.E.P. je voudrais apporter les précisions suivantes : Les unités qui couvraient ce secteur, et en particulier le 22ème R.I., étaient disséminées sur tout le terrain en toute petites unités. Leurs missions étaient de quadriller le secteur, de regrouper et protéger les populations et de leur apporter des soins et de l'alphabétisation. De plus par le renseignement et une observation permanente de détecter l'ennemi et d'en informer l'état major du régiment afin d'engager des opérations d'envergure. Enfin, de monter des embuscades à proximité de leurs postes.

 Il ne disposait pas comme le 1er R.E.P. ou le commando Vietnamien qui était en poste près de la plage de TENES, d'une grosse unité regroupée, qui permettait d'engager des opérations coup de poing. Il est vraisemblable que c'est sur une information d'une unité du secteur que fut engagé le 1er R.E.P. dans cette opération.

 

 

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 13:38

HAUTE VOLTIGE DANS LE DJEBEL BISSA AU NORD D'ORLEANSVILLE

 

UN HELICOPTERE H 34 RECUPERE UN APPAREIL DE MEME TYPE

 

"Panne de moteur"…. Le sergent pilote au moment de se poser sur un piton du djebel BISSA, au nord d'ORLEANSVILLE, pour y déposer huit parachutiste du 3ème R.I.M.A., sent les commandes de l'hélicoptère durcir entre ses mains. Le moteur vient de s'arrêter et n'entraîne plus la pompe hydraulique qui en temps normal, assiste la transmission des commandes.

Tout n'est pas perdu; mais il faut agir vite.

A défaut de moteur, le pilote utilise l'auto giration des pales du rotor. Ces dernières, orientées d'une certaine manière, continuent à tourner pendant la chute libre de l'appareil qui, dans une certaine mesure, peut être dirigé. Mais la perte d'altitude est impitoyable et rapide.

Le pilote n'a qu'une seule idée: trouver un terrain assez plat pour poser cette masse de près de quatre tonnes qui tombe comme un caillou.

helico-en-approche.jpgSon copilote pense tout de suite, de son côté, à couper le contact et à fermer l'arrivée d'essence.

Quant au mécanicien, il a bondi pour ouvrir les deux vitres faisant face à la porte du cargo, et ménager ainsi une issue de secours. Puis il fait signe aux paras de s'accrocher solidement. A peine a-t-il le temps de regagner sa place pour s'y cramponner à son tour…… Un choc effroyable ébranle l'appareil qui est violemment projeté sur le côté droit.

Il ne s'est pas écoulé trente secondes entre la panne et le choc. Personne n'est blessé. Mais le feu peut éclater d'un moment à l'autre, transformant l'appareil en un immense brasier. Par miracle il n'a pas pris feu…..

 

Un "mammouth" dépecé en quelques heures.

Au moment ou l'appareil est entré en contact avec le sol, qui, à cet endroit est un champ cultivé, la roue droite, portant à faux dans la terre meuble s'est brisée déséquilibrant l'hélicoptère.

Si le sang froid et les réflexes excellents viennent d'éviter le pire, l'équipage n'est pas au bout de sa peine! Tombé en plein djebel au cœur d'une zone où se déroule en ce moment une opération, et ne disposant d'aucun moyen de communication terrestre, il doit se mettre au travail pour que dans les délais les plus brefs, soit récupéré et évacué par hélicoptère, tout ce qui est démontable.

La base d'ORAN alertée, envoi immédiatement sur les lieux neuf mécaniciens et de l'outillage. Bientôt, clefs à molette, pinces, tenailles gigantesques commencent une danse effrénée….. Telle la curée à la fin d'une chasse à l'éléphant, le "mammouth" est dépecé petit à petit.

A huit heures du soir, le "cargo" est allégé au maximum. C'est encore une masse de près de deux tonnes….

 

Envolée à l'arraché

Le plan du commandant qui a la charge de ramener l'ensemble est bien arrêté.

Tout d'abord suspendre le cargo à son appareil par une chaîne et deux sangles de stabilisation.

Puis essayer d'atteindre le camp dans la plaine.

La première opération s'effectue sans ennui. Le commandant maintien son appareil "en stationnaire" au dessus de l'épave, tandis que quatre mécaniciens fixent chaînes et sangles;

Les deux appareils pèsent environ cinq tonnes. Les premiers essais pour décoller restent sans succès. L'épave oscille…. Privée de ses roues, elle repose à même le sol, dérape, mais ne veut pas décoller. Ce frottement absorbe une trop grande partie de la puissance du moteur.

Pour la supprimer, une seule solution: se laisser déraper jusqu'au bas de la pente où apparaît un creux. Grâce à l'élan, l'épave franchira le rebord du champ pour se trouver quelques instants suspendue en l'air….

C'est à ce moment-là que le commandant lancera son moteur à plein régime et arrachera du sol la masse de deux tonnes….

Ainsi en une journée trois beaux records étaient établis. Le premier, par l'équipage qui en "trente secondes" parvint à éviter la destruction de son appareil tombé en panne au dessus un relief accidenté.

Le second revient aux mécaniciens dont la rapidité du travail permit de récupérer la totalité de l'épave avant la nuit.

Enfin, le commandant et son équipage s'attribuent le troisième en réalisant une magnifique démonstration d'héliportage jusqu'alors inédite.

 

photo-helico-numerisee.jpg

 

Cette photo n'est pas de bonne qualité, le journal ayant subi les vicissitudes du temps. 

Ces évènements se sont déroulés dans le secteur tenu par le 22ème R.I.

 

Ce texte est extrait du journal le Bled N° 45. Il m'a été communiqué par Jacky TOURNEUR et Claude RABAUD.

 

 

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 10:52

1958

Evénement : Référendum en Algérie

 

Le jour où j'ai participé à l'organisation du référendum en Algérie

 

 

J’arrive en Algérie en octobre 1957 et je suis affecté au 22ème régiment d’infanterie, constitué principalement d’appelés. Je suis moi-même un simple appelé, avec le grade de sous lieutenant, et je n’ai jamais combattu de ma vie. Un convoi me conduit à ma zone d’affectation et au bout de quelques kilomètres des coups de feu retentissent. Je réalise que je suis le plus gradé et qu’il faut agir. Mais que faire ? A peine ai-je eu le temps de mesurer le poids de mes nouvelles responsabilités que j’aperçois les soldats en tête du peloton : ils sont en train de tirer des perdreaux !

Pendant tout mon service je reste dans la région d’Orléanville. Je suis logé dans un petit village entre Ténès et Orléanville : Fromentin. Le tremblement de terre de 1954 ayant tout détruit, les troufions sont logés dans les maisons démolies et les pieds noirs dans les maisons qui viennent d’être reconstruites.

Jusqu’aux événements du 13 mai 1958, je suis non seulement officier de transmission de mon bataillon mais également officier d’action psychologique. Je dois faire la tournée des villages pour prêcher la paix en Algérie et convaincre la population que le FLN ne peut rien leur apporter de bon. Il me paraît difficile d’appeler à la paix entouré de soldats. Je refuse dès lors toute garde rapprochée dans mes tournées. Mon 4x4 est muni d’un haut-parleur et je vais de village en village seul, avec un chauffeur. Cette faible présence armée, me rapproche de la population, des enfants accourent autour du 4X4 dans les villages. Cela va même me sauver la vie. Un jour, un membre du FLN veut lancer une grenade sur mon 4x4, mais la présence des enfants l’en empêche. Il lance sa grenade un peu plus loin dans le mess des sous officiers. Heureusement personne n’est blessé. Le fellagha est arrêté et j’obtiens l’autorisation de l’emmener sur le marché du village. Je peux le montrer aux villageois pour appuyer mon discours : « Ce sont les membres du FLN les assassins, pas nous, c’est lui le salaud. »

le service de santeJe travaille également main dans la main avec les SAS (Section d’Action Spéciale) qui, souvent accompagnées de harkis, organisent l’action sociale et psychologique dans la région. J’ai le souvenir qu’ils étaient plutôt bien accueillis par la population qui, à ce moment là, était plutôt pro-française.

Le 13 mai 1958, je suis tranquillement en train d’écouter la radio, dans le village où j’ai mes quartiers. Je comprends qu’il est en train de se passer quelque chose d’important à Alger. Vers 23 h 00, je téléphone à mon commandant : « Mon commandant, ça barde à Alger, il y a une sorte d’insurrection, on va peut être revoir de Gaulle. » Le commandant m’envoie promener : « Ça ne m’intéresse pas » et il raccroche pour continuer sa nuit.

Après le 13 mai, l’ambiance dans les campagnes change radicalement. De mai à octobre la différence est considérable. Les habitants, qu’ils soient pieds noirs ou Arabes, mettent, dans un premier temps leur confiance en de Gaulle. Ils pensent qu’il va amener la paix.

Je suis chargé, avec d’autres, d’organiser le référendum. Toutes les listes électorales sont mises à jour. Je sillonne les douars pour prévenir les villageois de la date du référendum. Dans certains lieux, je suis le premier Français qu’ils voient. Dans le même temps le FLN appelle au boycott du référendum. Je m’aperçois qu’ils se sont procuré des bulletins de vote avant l’heure pour organiser leur propagande. Les organisateurs ont de leur côté prévu un bulletin blanc pour le oui et un bulletin violet pour le non, cette dernière couleur étant jugée néfaste dans le monde arabe. Les ¾ des votants de la région ne savent ni lire ni écrire et il faut donc expliquer, dans chaque village. La population est enthousiaste : Ils ont l’impression de voter pour la paix. Le jour de l’élection, je parcours les villages pour apporter les urnes. Les villageois m’attendent déjà depuis deux ou trois heures au risque d’être inquiétés par le FLN. Ceux qui ne sont pas inscrits sur les listes viennent quand même, espérant voter. J’ai en tête l’image de ce jeune arabe qui pousse une exclamation de joie après avoir mis son bulletin dans l’urne.

Cet espoir pour la paix sera vite déçu. Les élections législatives qui suivent intéresseront peu les Algériens. La routine habituelle reprend ses droits et je retourne en France avec un profond soulagement en mars 1959.

Quand je repense à l’Algérie aujourd’hui, j’ai surtout le souvenir de m’être profondément ennuyé. Sur toute la période, j’ai peut être eu trois accrochages, dont un sérieux. Pendant les opérations, les échanges de coups de feu étaient rares. Il m’est arrivé de regarder des films sur la guerre d’Algérie par la suite, qui donnent la part belle aux combats. Je n’y ai jamais retrouvé ce que j’avais vécu.  

 

                        Edouard  Longueville 

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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 17:58

LE DOUAR DES BENI HAOUA 

AUX MINES DE BREIRA EN ALGERIE

 

Ce film tourné en 1957 avec une caméra 8mm par le Sous Lieutenant Paul ANTIKOW vous fait revivre la 02 - Pacificationvie des jeunes appelés de la 6ème Compagnie du 2/22ème Régiment d'Infanterie dans un poste de montagne.

Certaines séquences filmées dans des véhicules en circulation sur des pistes en mauvais état sont cahotantes. C'est l'inconvénient, mais la richesse des prises de vues sur le vif.

Vous y retrouverez:

-         L'aridité des paysages

-         La vie des populations montagnardes Algériennes

-         Enfin le travail réalisé par l'armée dans ces postes retirés :

                 L'alphabétisation des enfants

                 Les soins dispensés aux populations.

 

Toutes choses qui n'existaient pas dans ces contrées éloignées des grandes villes.

 

 

 

Michel.

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 11:21

UN CONTROLE DE NUIT DES BATEAUX DE PECHE

A TENES

 

 

Un soir, vers minuit,  le Commandant CAMBOLIVE, me réveilla pour me  signaler que des pêcheurs travaillaient très près de la côte, et que l'on pouvait craindre de la contrebande d'armes, il me demanda d'aller Les-Pinasses-dans-le-port-de-Tenes.jpgles contrôler. Avec mes deux half-tracks, et les G.M.C. la tâche n'était pas facile. Je passais la porte de CHERCHELL, traversais le pont de l'oued ALLALAH et dépassais le port de TENES. Trois ou quatre petits bateaux pêchaient au lamparo à l'extrémité "EST" de la plage  et du port. Je stationnais les G.M.C. sur la route, débarquais les hommes et je faisais avancer les half-tracks sur la plage au ras de l'eau. Avec les projecteurs couplés à la mitrailleuse, j'éclairais les pinasses, et j'interpellais les marins, en  leur demandant de rejoindre la côte. Firent-ils la sourde oreille ? Toujours est-il qu'ils ne se rapprochèrent pas. Je commandais donc aux mitrailleurs, de tirer une semonce, en évitant toutefois de tirer sur les bateaux. Ceux-ci regagnèrent alors très rapidement la côte et accostèrent le nez à la plage. Il nous fallu mettre les pieds dans l'eau pour monter à bord où l'on fit un contrôle complet des embarcations. Il n'y avait aucune arme à bord, et je les autorisais à retourner pêcher.

 Je rendis compte à mon retour de ma mission.

 

Le S.Lt Michel FETIVEAU

 

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 16:57

 

 HARCELEMENT DE LA VILLE DE TENES

LE 15 SEPTEMBRE 1957

 

 

 

Le 15 septembre 1957, au mess des officiers, il faisait nuit et le dîner était déjà bien avancé, lorsque des coups de feu nourris ont été tirés en ville. Immédiatement le Colonel demanda au sergent responsable du mess de mettre tous ses hommes aux postes de combat et d'assurer notre sécurité. Renseignement pris, la Tenes vue de la montagneville de TENES était attaquée par les H.L.L. le Colonel m'appela  à sa table, et me demanda:

1-     De rejoindre immédiatement la caserne pour en prendre le commandement, et en assurer la protection.

2-     Envoyer les blindés pour dégager les officiers du mess.

3-     Patrouiller en ville pour lui rendre compte de la situation.

Je prenais immédiatement ma jeep, et tous phares éteints, je regagnais la caserne. En route j'apercevais des pieds noirs à leurs fenêtres avec leurs armes. Ma carabine sur le siège, je n'en menais pas large. Arrivé à la caserne je convoquais mes sergents qui étaient déjà sur le qui-vive. Je demandais au sergent de service de placer tous les militaires à leurs postes de combat en leur demandant toutefois de ne tirer qu'en cas d'extrême nécessité. Je fis rentrer derrière les grilles la sentinelle qui montait la garde dans la guérite car elle était trop exposée. Au Half-tracks.jpgsecond sergent, de partir avec les deux half-tracks et leurs équipages, et de rejoindre le mess pour dégager les officiers. Quant à la patrouille en ville, j'en fis l'impasse, il n'était pas question de se balader dans les rues au risque de se faire tirer par les U.T. Je ne sais pas comment mon sergent chargé de se rendre au mess avait compris mes ordres, toujours est-il qu'arrivé à proximité du mess, il fit tirer les deux mitrailleuses des half-tracks ! Les croyaient-ils assiégés ?   Dans le mess ce fut l'affolement, tout le monde le révolver à la main, attendait l'assaut. L'histoire me fût contée par mes copains qui n'en rirent que le lendemain. Je ne vous raconte pas le rapatriement dans les half-tracks, tous les officiers assis au plus bas pour ne pas s'exposer à l'ennemi.                                                                                            Nous en avons bien ri plus tard. Quant aux "fells", je n'en ai pas vus ce soir là.

 

 

 S.Lt  Michel FETIVEAU

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 11:00

UNE EMBUSCADE SUR LE SERVICE DU COURRIER DE TENES.

 

Le poste de vaguemestre dans un certain nombre d'unités était une planque très recherchée. Ce n'était pas le cas à TENES où chaque matin il fallait partir chercher ce courrier à ORLEANSVILLE. Cinquante trois kilomètres séparaient les deux villes et la Tenes-les-gorges-de-l-oued-Allhala.jpgroute empruntait dès le départ les gorges de TENES. Elles n'étaient pas aussi célèbres que celles de PALESTRO, mais elles étaient malgré tout très dangereuses. L'oued ALLALAH avait façonné dans le massif montagneux une trouée pour rejoindre la mer. La tranchée était  sinueuse, avec des parois abruptes, et la route avait vraisemblablement été construite en suivant des chemins muletiers sur la berge de l'oued. Du VIEUX TENES jusqu'au Moulin des gorges sur environ 5 kilomètres, cette route était dominée de toutes parts par la montagne. Ensuite on traversait une plaine agricole très riche où stationnaient en permanence des cigognes. Cette portion de route était moins dangereuse, d'autant que des unités militaires étaient implantées au Moulin de MONTENOTTE, à CHASSERIAU et à WARNIER que l'on traversait.

Le vaguemestre effectuait 6 fois par semaine l'aller retour TENES ORLEANSVILLE, l'esprit pas tout à fait tranquille. A cette époque le convoi se composait d'une jeep et d'un G.M.C. avec 6 ou 7 hommes en arme. Il fut plus tard renforcé jusqu'à WARNIER Half-tracks.jpgavec un half-track et tout son équipage, ce qui n'empêcha pas qu'il essuya à plusieurs reprises des tirs. Il aurait suffit d'obstruer la route avec des roches ou des arbres dans les gorges pour pouvoir mitrailler  tout à son aise les occupants des véhicules. A notre avantage, ces déplacements se déroulaient toujours la matinée, or les fellaghas répugnaient à attaquer tôt dans la journée, des bouclages pouvant être mis en place en fin de matinée, ce qui laissait à l'armée française tout l'après midi pour les débusquer. Leurs embuscades étaient plus souvent réalisées en milieu d'après midi, ce qui leur octroyait toute une nuit pour fuir et se fondre dans la montagne.

Le 13 septembre 1957 le 2ème Bureau de TENES est informé qu'une embuscade est prévue le lendemain matin dans les gorges sur le service du courrier. Le 14 septembre, une opération est rapidement montée avec le concours du commando de TENES, et un peloton de gardes mobiles. Le départ du courrier fut retardé, et aux environs de 11heures 30, il prit place dans un convoi plus important protégé par les half-tracks de la CCS et les EBR de la gendarmerie mobile. Les cinq derniers camions dans lesquels le commando de TENES et les gendarmes mobiles avaient pris place, quittèrent le convoi dès la sortie de la ville pour prendre la piste qui contourne par l'ouest le massif boisé qui domine les gorges. La montée se termina à pieds et à 13 heures le dispositif de ratissage était en place. Les blindés du convoi avec le personnel administratif de la caserne embarqué sur des GMC, assuraient le bouclage au fond des gorges. A 13 heures 30 le ratissage commençait. La végétation était très dense et l'on avançait lentement et prudemment. Ce n'est qu'en milieu d'après midi que le contact fut établi. Deux rebelles habillés en treillis et armés de fusils de chasse firent feu sur deux éclaireurs de tête du commando en leur criant "haut les mains". J'avais inculqué aux porteurs de pistolet mitrailleur MAT 49, une technique de tir instinctif qui m'avait été enseignée en stage d'officiers de commando à ARZEW. On déposait devant soi une boite de conserve ronde d'un kilo à une quinzaine de mètres. On réglait son tir l'arme à la hanche sur la boite, et par de courtes rafales (deux ou trois balles) on essayait de la faire avancer devant soi. Certains de mes éclaireurs de tête avaient très largement dépassé le maître et étaient devenus experts en la matière. En l'occurrence, deux très courtes rafales et les deux rebelles étaient hors de combat. Trois autres s'enfuirent et se réfugièrent dans une grotte. Malgré le tir de notre fusil mitrailleur mis en batterie, nous ne réussissions pas à les déloger, et deux de mes hommes avaient été très légèrement blessés par des plombs de chasse. Tout en maintenant la pression sur la grotte un groupe commandé par le sergent chef DENEUX contourna celle-ci et passant au-dessus mis hors de combat les trois fellaghas avec des grenades. Les cinq rebelles étaient tous porteurs d'un fusil de chasse, et ce ne fut pas une mince affaire pour les sortir de la forêt, et redescendre sur la route pour rejoindre les camions que l'on avait Fells-tues-dans-une-operation-J.COMMES.JPGcontactés par radio. Ils furent tout d'abord déposés à la caserne LAVARANDE où le 2ème bureau vint les identifier et la gendarmerie procéder aux constatations et dresser procès verbal. Puis l'officier du 2ème bureau décida d'exposer leurs corps sur la place publique. Personnellement je n'approuvais pas cette démarche qui vraisemblablement suscitait plus de vocations pour la rébellion que de ralliements à notre cause.

C'est la seule opération du commando de TENES qui connut la réussite durant l'année 1957, sur des renseignements fournis par le 2ème Bureau.

 

 

Michel FETIVEAU avec la collaboration de Jean Claude SATIAT  de Francis BARBE et de Roland BAUDRU.

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14 août 2010 6 14 /08 /août /2010 16:42

LA CASERNE LAVARANDE A TENES

Siège de la C.C.S. du 22ème R.I.

 

 

Après la victoire du Maréchal BUGEAUD sur les troupes d'ABDEL KADER, TENES fut occupé en décembre 1841 par le Colonel CHANGARNIER. En 1843 le Maréchal BUGEAUD décide de créer un port à TENES pour desservir la ville d'ORLEANSVILLE et y installe le Colonel CAVAIGNAC.

La construction de la caserne LAVARANDE fut vraisemblablement réalisée dans les années qui suivirent à la fin du dix-neuvième siècle.

 

 La-Caserne-Lavarande-et-la-place-du-jet-d-eau-a-TENES.jpg

    Cette photo prise en 1910, montre la façade principale de la caserne. L'immeuble n'a pas encore subi les vicissitudes du temps. L'entrée de la caserne avec la guérite de garde, et au centre de la place la fontaine, sont des points forts qui subsisteront dans les années 1956/1962.

 

Ville de Tenès en 1955

 

 Le site internet  "tenes.info/galerie/"  m'a aimablement autorisé a reproduire cette photo. On y voit la cour de la caserne et la façade sud de l'immeuble. Ce dernier présente des dégradations importantes sur son pignon "Est" vraisemblablement dûes au séisme d'ORLEANSVILLE de 1954. Pour des raisons de sécurité l'immeuble fut détruit fin 1955 début 1956.

 

 

HANNOTEAU (5) 

 

La ville est vue de la route qui dessert le VIEUX TENES. On aperçoit au premier plan les mechtas construites dans la vallée au bord de l'oued ALLALAH presqu'au pied du VIEUX TENES. Au second plan à gauche, la porte d'ORLEANSVILLE qui malheureusement à depuis été détruite, et à droite à l'intérieur de la cour les deux bâtiments préfabriqués où logeaient la troupe et  les officiers et sous officiers, protégés par  les murs des fortifications de la ville qui eux aussi ont été détruits. Enfin en arrière plan sur la gauche derrière un arbre, on aperçoit le clocher de l'église de TENES.

 

 

Tenes-vue-de-la-montagne.jpg

 

 

  Magnifique vue générale de la ville de TENES avec ses fortifications. A droite la ville basse, le pont sur l'oued ALLALAH, et le port. On y voit très nettement la cour de la caserne et les deux batiments préfabriqués (cliquez sur la photo pour l'agrandir). A l'extrême droite on aperçoit les deux piliers de la porte de CHERCHELL.

 

 

La-cour-de-la-caserne-Lavarande.jpg

 

     Sur cette photo prise à la fin de l'année 1956, on voit à gauche de l'entrée de la caserne, un petit bâtiment abritant la prison et le poste de garde, et à droite de cette entrée, le local des transmissions et les bureaux du Capitaine et des services. La cour est encore encombrée par des déchets de démolition, et il manque le mât pour la montée des couleurs qui se situait au centre de la cour et qui sera installé ultérieurement.

 

 

 1958 le service des transmissions a TENES

       

     Le poste des transmissions, situé à gauche en rentrant à la caserne, ce service assurait les liaisons avec l'Etat Major et la poste.

 

 

Un poste de garde à la caserne Lavarande

  En sus de la guérite située sur la place devant l'entrée de la caserne, deux postes de garde avaient été construits le long du mur sud des fortifications. Cette photo présente le poste sud ouest implanté à proximité de la porte d'ORLEANSVILLE.

 

 

 

 

LASSERRE-RIEU-BAUDRU-BORIEU-et-ALBINET.jpg

 

   Ces bâtiments préfabriqués avaient été construits après la démolition du bâtiment principal. Ils permettaient de loger dans l'un la troupe et dans l'autre les Officiers et les Sous Officiers.

 

 

   Michel FETIVEAU. 

 

 

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 09:34

TEMOIGNAGE DE MARC DUBOS
SUR L'EMBUSCADE DU 28 FEVRIER 1957.

 

 

Je suis intervenu tout à fait par hasard dans cette embuscade, dans les conditions suivantes :

 

Jeune Lieutenant de réserve au 586 B.T. stationné au cantonnement de NOVI, j'avais pour mission ce jour là de transporter des plaques de préfabriqués destinées à la construction de baraquements pour le 1/22 R.I. à GOURAYA.

 

J'avais comme moyens une jeep avec 3 soldats armés de M.A.T 49 et 3 G.M.C. avec chauffeurs.

 

Alors que j'arrivais par la route côtière NOVI – GOURAYA, près de cette localité, les occupants d'une jeep arrivant en sens inverse, me firent signe de m'arrêter. Un Colonel très affolé, me dit qu'une vive fusillade venait de se produire sur la piste DUPLEIX – CARNOT et qu'un avion avait disparu de son champ de vision. Il me donna l'ordre de laisser mes camions sur le bord de la route et de me rendre aussitôt avec ma jeep et mes Convoi-de-ravitaillement-pour-AZIEM-photo-Pierre-JANIN.jpgtrois soldats sur le lieu de la fusillade. La piste était longue, en mauvais état, avec de très nombreux lacets. Au détour de l'un d'eux dans un mauvais virage, nous sommes tombés sur le lieu de l'embuscade. Des camions étaient en travers de la chaussée, et de nombreux morts gisaient sur la piste et dans les camions. Je me souviens en particulier d'un tireur de mitrailleuse, mort avec un poignard planté dans l'abdomen, un fellagha était également mort à ses côtés. Des soldats probablement du 22ème R.I. fouillaient déjà le terrain à la recherche de rescapés. Un jeune Aspirant était monté sur un rocher, il nous indiqua la direction dans laquelle le petit avion avait disparu. Avec quelques soldats nous avons décidé de ratisser une zone très boisée, et à environ un kilomètre du lieu de Carcasse-du-piper-abattu-le-28-02-1957-photo-A-ROUSSEL.jpegl'embuscade, nous sommes tombés sur l'appareil, la queue en l'air, l'hélice et le moteur enfoncé dans le sol. Le pilote était mort le buste en avant et la tête couchée sur le tableau de bord.

 

La place du co-pilote était vide. Nous avons pensé qu'il était prisonnier des rebelles. Nous avons cependant continué les recherches autour de l'avion. Brusquement un homme est sorti d'un bosquet, il avait le visage en sang avec de nombreuses coupures et sa combinaison de vol déchirée. Il était très heureux de nous voir, car il nous dit avoir vu la mort de très près. Il nous a dit que les rebelles arrivaient en courant alors qu'il venait de sortir de la carlingue de l'avion. Je serais très heureux de le revoir ! Nous avons rejoint avec lui le lieu de l'embuscade où des moyens sanitaires étaient arrivés. Ma mission terminée, j'ai pris le chemin du retour et récupéré mes camions dans le cantonnement du 1/22 R.I. à GOURAYA. Je suis rentré à NOVI à la tombée de la nuit, après une journée qui restera gravée dans ma mémoire. J'ai eu connaissance par la suite qu'une vaste opération avait eu lieu après l'embuscade et que la bande de rebelles auteur du massacre avait presque totalement été détruite.

 

J'espère que mon récit vous permettra de compléter vos informations sur ces moments très douloureux.

 

 

            Max DUBOS.

 

 

Ce document m'a été communiqué par Raymond GUITTARD

 

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 21:55

NOTE ADRESSEE

AUX APPELES DES CONTINGENTS 56/1A et 56/1B

DU 3ème BATAILLON DU 22ème R.I.

 

 

ORDRE DE BATAILLON  N° 98                      REGION MILITAIRE

                                                                     CORPS D'ARMEE D'ALGER

                                                       Z.O.A. -  SECTEUR DE TENES

                                                                 22ème  REGIMENT D'INFANTERIE

                                                                                 3ème BATAILLON

                                                                               

                                                                                     °°°°°°°°°°°°°°

 

 

                                                  Aux appelés des contingents 56/1A. et 56/1B.

 

 

 

       Le 19 juillet 1956 le renfort "Bugeaud I" débarquait dans le Cherchellois, sous les caroubiers de BOU-AROUA, apportant au Bataillon de "disponibles rappelés" son premier contingent de jeunes appelés.

 

       Le 7 septembre, c'était le tour de "Bugeaud II", le 6 novembre celui de "Bugeaud III". La composition de ces renforts, les mesures prises pour réorganiser les compagnies au départ des "disponibles rappelés", ont fait que la plus grande part de "Bugeaud I" a été affectée à la 9ème Compagnie, la plus grande part de "Bugeaud II" à la 10ème Compagnie.

 

       Représentant 50 % des effectifs du Bataillon à eux deux, ayant participé côte à côte avec les "disponibles rappelés" aux premières luttes contre les rebelles, ces premiers appelés ont fait la soudure entre le Bataillon de Réserve et le Bataillon d'Active.

 

       Reprenant le flambeau des mains de leurs aînés, les contingents 56/1A et 56/1B ont contribué à lui donner son esprit de corps.

 

       Pendant de longs mois, sur la terre d'Algérie, chacun de ces contingents a poursuivi sans défaillance une tâche rude, difficile, souvent ingrate et décevante, sans jamais ménager ses efforts.

 

       Après les hauts lieux du Cherchellois, où demeurent attachés les noms de MARCEAU, MEURAD, TIZI-FRANCO, BOU-MAAD, BOUSMAN, AZIEM, SMAIL, et toutes les opérations dans ces zones montagneuses, le quartier de FROMENTIN s'est montré aussi fertile en possibilité d'accrochages, comme en témoignent quelques noms, BORDJ-BAACH, TALASSA, TARZOUT, SIDI HENRI BOUDOUMA, BENI-MERLIF, OULED BOUFRID, ou quelques côtes, 519  -  602  -  612.

 

       Non content d'assurer la sécurité dans leur propre Quartier, quelques uns sont mêmes allés prêter main forte aux voisins dans le BISSA.

 

       Après vingt mois de présence au sein du bataillon, le Contingent 56/1A s'en va, libéré. C'est un peu l'âme du Bataillon et beaucoup de l'âme de la 9ème Compagnie qu'il emporte avec lui.

 

       En mon nom, et celui de tous ceux qui restent, je remercie ceux qui nous quittent, pour tout l'effort qu'ils ont fourni et l'aide qu'ils nous ont apportée, et je leur adresse mes Vœux de réussite dans la vie civile.

 

       Soyez bien persuadés, vous qui partez, que votre long séjour ici n'aura pas été vain. Tour à tour combattants, bâtisseurs, pacificateurs, vous avez créé, lutté, souffert, pour maintenir sur ce sol la présence Française. Ces mois de vie rude auront contribué à forger votre caractère, à transformer les adolescents insouciants que vous étiez à l'arrivée sous les drapeaux en hommes plus conscients et mieux armés pour affronter les problèmes et les tâches qui vous attendent.

 

       Quelques uns d'entre vous ont versé leur sang pour la cause qu'ils défendaient, treize d'entre vous ont tout donné et ne reprendront pas avec vous le chemin du retour. Accordons avant de nous quitter une pensée émue à ces Compagnons disparus, les uns sur la route de TIZI-FRANCO, FROGER – BONGARD – MARTZEL – ROGER – HY – LECANT – PAVIE – BELZON – BREQUE – DALLIERE – MARTINET, le dernier le caporal LARUE, sur la côte 612 non loin de BORDJ-BAACH. Il nous appartient d'attacher à leur héroïque sacrifice la valeur d'exemple qu'il comporte et de continuer notre tâche dans la voie qu'ils nous ont tracée.

 

       De cette grande famille qu'est le Bataillon, tour à tour se détachent les vivants et les morts, mais la famille se doit de survivre et de continuer à affronter les tâches quotidiennes. Ceux qui s'en vont ne doivent pas faire oublier à ceux qui restent la mission à remplir. Ce sont ceux qui demeurent qui vont avoir à leur tour à instruire et guider les nouveaux qui arrivent.

 

       Pour résoudre tous les problèmes que vont poser la libération de classes et l'amalgame des renforts, nous avons besoin plus que jamais du concours des bonnes volontés.

       Le contingent 56/1A, a participé jusque dans la dernière semaine avant sa libération aux opérations.

 

       Le contingent 56/1B, se doit de soutenir son effort jusqu'au bout et ne pas dételer avant l'heure, afin qu'au moment où il s'en ira à son tour, il soit assuré que ceux qui restent sont aussi bien préparés à prendre le flambeau de la relève qu'il l'était lui-même au départ des "disponibles rappelés".

 

 

                                                                  Le Chef de Bataillon.

 

 

 

BORDJ-BAACH-photo-Marcel-PARIS.jpg

 Ce document m'a été communiqué par Marcel PARIS.

 

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