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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 16:10

ON M' APPELAIT BOULHAYA

 

 

On m appelait BOULAYA page 1 de couverture

 

On-m-appelait-BOULAYA-page-4-de-couverture.jpg

 

BOULHAYA le Barbu

 

Dans pratiquement tous les régiments en ALGERIE, il y avait des "BOULHAYA". Au 22ème Régiment d'infanterie, le plus connu était en poste au 1er Bataillon à BOUZEROU en 1957. 

 

BOULAYA-dont-la-barbe-est-legendaire.JPG

 

                     Michel. 

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 16:11

LE SERVICE D'ACTION PSYCHOLOGIQUE AU 3/22 R.I. A FROMENTIN

 

TEMOIGNAGE DE J.L.. chauffeur au service d'action psychologique à FROMENTIN.

Le témoin a souhaité conserver l'anonymat.

 

Après avoir effectué mes classes et un stage avec la 59 1/A du 5ème R.I. à BLOIS, je partais en AFN en avril 1960. Je me retrouvais au 3/22ème R.I. dont la CCAS était photo-Fromentin.jpgcantonnée à FROMENTIN (Algérois) petit village de 400 habitants environ. Il était situé sur les plateaux à 30 kilomètres de TENES et autant d'ORLEANSVILLE. Dans ce village, il y avait une vingtaine de familles de souche européenne, la majeure partie était des agriculteurs.

Nous soldats, nous étions éparpillés par service dans les villages soit dans des baraques en bois, soit dans des caves ou des garages. Il va de soi qu'une organisation de défense était en place, avec miradors qui tenaient à peine debout, projecteurs qui fonctionnaient une nuit sur trois faute de courant, barbelés, sacs de sable et autres. Cela me donnait un aperçu de tous les gars qui étaient passés par là avant moi. Bref après un stage de commando à la ferme PEGGY, en trois semaines, et quelques remplacements comme chauffeur de scout-car en ouverture de piste et protection, je me retrouvai chauffeur à l'action psychologique.

Notre service était composé d'un sous lieutenant, un caporal et moi-même. Nous avions une jeep, et un 4x4 Renault muni de haut-parleurs, d'un petit groupe électrogène et d'un magnétophone. Notre mission était, entre autre, d'établir un contact aussi bon que possible avec les populations arabes des villages de regroupement.

On-accompagne-et-on-protege-les-EMSI-dans-les-douars.jpgLes équipes médico-sociales de trois ou quatre personnes, composées en majeure partie de musulmanes, allaient dans les mechtas voir les familles, connaître leurs problèmes, voir leur façon de vivre. L'aide que qu'on leur apportait était très limitée : quelques boites de lait concentré, quelques habits pour enfants, qu'il n'était pas rare de voir au marché quelques jours après. Seul le chef de village avait pouvoir de distribuer les farines ou céréales qui étaient données à chaque village. Il faut dire que ce n'était pas de grosses quantités non plus. La distribution de tracts faisait partie aussi de mes occupations, amener les messages du P.C au chef de village, la garde une nuit sur deux, etc. Au premier abord, cette partie de mon emploi du temps paraissait tranquille, mais en fait j'étais souvent seul ; il aurait suffi d'un fanatique caché à la sortie d'un virage…

Ces villages n'étaient guère loin du PC, quatre à cinq kilomètres pour une population qui variait entre cent et trois cents habitants, composée en majeure partie de femmes et d'enfants. D'autres plus lointain nécessitait une escorte. Les anciens qui étaient là depuis deux ans me disaient : "Tu vas là-bas, c'est un repaire de fellouzes, méfie toi!". Quelques noms de villages : DAR EL MEDA, BENI-MERCLIF, YACHIR, SIDI-ZIANE, BORDJ BAACH, EL AYACHICHA.

Une autre partie de mon emploi du temps était plus casse cou. Mon sous-lieutenant me disait : "Dans une heure vous partez avec le convoi de…. Jusqu'à tel endroit". Je ne savais pas exactement en quoi consistaient ces déplacements. En fait, je me souviendrai particulièrement de celui-là car c'était le premier. Nous étions partis de CAVAIGNAC, entre FROMENTIN et TENES, à la nuit tombée, escortés d'un half-track, son équipage, et une section d'hommes connaissant parfaitement le terrain. Inutile de dire que cette nuit là était une des plus noires que j'ai connues là-bas. Elle avait été choisie, je suppose. Aussi j'ai roulé avec mon Renault jusqu'à une heure du matin. Je ne pensais jamais arriver. Au départ, il y avait quelques lignes droites, je me repérais au half-track qui était devant moi avec une sorte de loupiote. Il faut que je précise tout de même que nous roulions sans phares en plein djebel vers les hauts plateaux pour faire une Scan10029diffusion de démoralisation et de ralliement. Arrivés en zone plutôt dangereuse (32 morts de notre côté dans le secteur quelque temps auparavant en deux embuscades) seuls les hommes de l'escorte me guidaient de chaque côté du véhicule. Je roulais lentement sur une piste qui ressemblait de plus en plus à un chemin muletier. Tout à coup l'un d'eux cria :"Arrête". Après un silence momentané il dit : "Recule, stop! Braque à gauche, avance!" J'avais compris : un ravin sans doute, mais je ne disais rien, je leur faisais confiance, et plus on avançait, plus la piste était difficile. Enfin ce fut Djouni-rallie-toi.jpgl'arrêt. La mise en marche du dispositif pour la diffusion fut faite par un adjudant qui était déjà là avec d'autres hommes.

Cet appel en arabe n'en finissait jamais et résonnait dans la montagne. Je n'étais pas très rassuré car je savais qu'une importante bande de fellaghas était dans les parages, et qu'il fallait faire demi-tour après la séance.

Lorsqu'une quinzaine de jours après je repassai sur cette piste, je me dis : "C'est impossible, avec tous ces ravins, j'ai encore eu de la chance d'avoir fait un aussi bon parcours". C'est un peu de cette façon que j'ai rayonné dans les secteurs de CAVAIGNAC, MONTENOTTE, BORDJ BAACH, HANOTEAU, CHASSERIAU, mais aussi en protection, RABELAIS, PAUL ROBERT, ORLEANSVILLE, TENES, OUED FODDA.

Par ailleurs, un jour, d'ALGER, nous est venu un groupe de trois camions, une compagnie de diffusion, avec un adjudant chef parlant couramment l'arabe. Celui-ci nous dit : "Nous allons faire du cinéma en plein jour et en pleine campagne, vous allez voir". Tous les jours, nous allions de village en village passer des films, de l'endoctrinement. Il faisait de longs commentaires sur les méfaits des fellaghas tuant et incendiant sur leur passage, que leur cause était perdue ; par contre la France construisait des écoles, des logements, etc…..

 

Extrait d'un article paru dans le livre "Témoignages Guerre d'Algérie".

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 09:13

LES HARKIS

 

Le point de vue d'un officier appelé sur les harkis.

 

Maurice CAMUS, Sous lieutenant au 22ème Régiment d'Infanterie en 1958 – 1959. 

 

Dans ma compagnie à HANOTEAU, secteur de TENES, il existait une Harka d'une vingtaine d'hommes supervisée par un sous-officier Français. Cette harka, en général, n'opérait pas d'une façon autonome mais après le rassemblement, elle éclatait dans les K.36-dans-le-secteur-de-POINTE-ROUGE-C.REDON-copie-1.jpgdifférentes sections. C'est ainsi que j'ai eu sous mes ordres cinq ou six harkis qui renforçaient ma petite unité dans le cadre opérationnel. Je fus toujours satisfait de leurs services.

L'armement des harkis était constitué par des fusils de chasse de calibre 16 et des Lebel 86-93. Puisque nous parlons harkis, ajoutons ceci : au cours de ma carrière en AFN en 1958, alors que j'étais momentanément détaché dans un poste protégeant un centre de regroupement, j'eus à recruter des cavaliers pour une harka montée qui se constituait à l'échelon Bataillon. Les demandes d'engagement étaient si nombreuses qu'il me fallut choisir.

 

Extrait du livre Témoignages de la guerre d'Algérie

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 15:37

LA VIE DES SOLDATS BRETONS

 

DANS LA GUERRE D'ALGERIE

 

La vie des soldats bretons page 1

 

La-vie-des-soldats-bretons-page-4.jpg

 


Un très beau livre illustré avec 600 photos et de très nombreux témoignages d'appelés, dont certains anciens du 22ème R.I.


     Michel.

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 14:59

FRERES CONTEMPLATIFS EN ZONE DE COMBAT


ALGERIE 1954 - 1962

 

Freres contemplatif en zone de combat Page 1 de couverture

 


Freres contemplatif en zone de combat Page 4 de couverture

 

 

L'action se déroule dans le BISSA, secteur tenu par le 22ème Régiment d'Infanterie, à mi chemin entre CHERCHELL et TENES. On y découvre la vie d'une communauté religieuse durant les évènements d'ALGERIE.

On peut reprocher à l'auteur de trop facilement dédouaner les rebelles, quelques soient les crimes qu'ils commettent, et de charger systématiquement les militaires Français.

Je ne sais pas, si à la suite de la répression subie par les catholiques depuis l'indépendance, et le massacre des moines de TIBHRINE, qui , si l'on en croît la presse, est attribué au pouvoir en place, donc aux anciens dirigeants du F.L.N. - A.L.N., l'auteur n'a pas changé d'avis ?... d'autant que ces moines étaient de sa congrégation.

 

    Michel.

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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 16:07

Passe--sous-silence.jpg

 Passe, sous silence.2 jpg

           
         Jour après jour, Bernard notait sur un carnet les missions qui lui étaient confiées, ainsi que tous les problèmes auxquels il se trouvait confronté. Dans cet ouvrage il nous restitue son témoignage. Au fil des pages il nous raconte sa vie de tous les jours dans des postes dépourvus de tout confort. Les opérations dans le djebel, son exposition au danger et à la mort.

Un très beau livre que vous pouvez vous procurer auprès de l'auteur, au prix de 16 euros + 4 euros de port si besoin.
Bernard NICOLAS
14 rue Abbé Billaud
Cours Richelieu C 304
85000 La Roche sur Yon
E.mail : bernar.nicolas@wanadoo.fr

Michel FETIVEAU.

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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 18:49

LA 9ème DIVISION D’INFANTERIE

 

DANS LA ZONE OUEST ALGEROIS

 

 

 

Cette Division fut commandée successivement par les généraux suivants : le général de BREBISSON en 1956, le général RENAULD en 1957, le général GRACIEUX en 1958, le général du PASSAGE en 1959, le général CAZENAVE en 1960, le général PRIEUR en 1961, le général BOULANGER en 1962.

 

La 9ème Division d’Infanterie est constituée en métropole dans le courant du mois de mai 1956 avec des disponibles rappelés sous les drapeaux. Aux ordres du général de BREBISSON, elle comprend les éléments habituels d’une division légère de l’époque, à savoir :

-   Le 22ème régiment d’infanterie avec une CCR et 3  bataillons.

-   Le 131ème R.A. sur le même type que le 22ème .

-   Le 8ème Régiment de chasseurs à cheval à trois escadrons de reconnaissance.

-   Le 1er groupe du 30ème Régiment d’Artillerie à quatre batteries de tir.

-   Le 59ème Bataillon du Génie.

-   La 59ème Compagnie de transmissions.

-   Le 59ème BS (59ème Compagnie de Quartier Général, 259ème Compagnie de circulation routière).

-   Le GT 359.

 

Les unités de la division, après un mois de formation, quittent les régions parisienne et lyonnaise pour ALGER où elles débarquent entre le 13 et le 21 juin. La 9ème DI s’implante aussitôt dans la région du CHELIF quelle ne va pas quitter pendant plus de six années.

Le 1er septembre est constitué le secteur opérationnel d’ORLEANSVILLE, confié au général commandant la division, qui est renforcé par des moyens déjà implantés dans la région : 504ème Bataillon du Train à pied constitué en avril 1956 avec le 57ème Bataillon de tirailleurs Algériens de MILIANA, 2ème groupe de Compagnies Nomades, 236ème Bataillon d’Infanterie en provenance de KABYLIE, 1er  Bataillon de tirailleurs Algériens, Bataillons de Fusiliers de l’Air, etc….

Dans le cadre de la réorganisation des forces du maintien de l’ordre en ALGERIE, la Division prend à sa charge, le 1er mars 1957, la Zone Ouest Algérois, dont le PC est fixé à ORLEANSVILLE, comprenant quatre secteurs :

-   TENES au nord, confié au 22ème RI qui s’y est installé fin septembre avec deux Bataillons sur la côte, à GOURAYA et MONTENOTTE.

-   TENIET EL HAAD au sud ,confié au 131ème RI qui couvre la partie orientale de l’OUARSENIS avec ses deux Bataillons à BOU CAID et MARBOT, renforcée du 2ème GCNA dont la 4ème Compagnie est installée aux confins du SERSOU, à VICTOR HUGO.

-   MILIANA à l’est, qui dispose de deux Bataillon d’Infanterie, (le II/22ème RI sur la côte à NOVI, et le I/131 à MILIANA même), du 1er BTA à AFFREVILLE, du II/30ème RA à LAVIGERIE et du 504ème BTAP à DUPERRE.

-   ORLEANSVILLE enfin, où sont implantés le 8ème Chasseurs (ROUINA), le 2ème Bataillon du 2ème Régiment d’infanterie coloniale (VARNIER) détaché de la 19ème DI de CONSTANTINE et le 3ème Groupe du 65ème  Régiment d’Artillerie d’Afrique à LAMARTINE.

 

Les éléments divisionnaires sont répartis de part et d’autre de l’axe ORAN-ALGER à hauteur d’ORLEANSVILLE (59ème CQG, 259ème CCR, Peloton avions, 59ème CT), d’AFFREVILLE (359ème GT) et de MILIANA (59ème BG)

 

       En novembre 1957, la Zone passe de quatre secteurs à six avec la création des secteurs de CHERCHELL (PC à TIZRINE) et DUPERRE. La Division est enfin arrivée à maturité.

 

Après des débuts difficiles dus aux conditions géographiques (massifs montagneux, limites de corps d’Armée et de Wilayas) et une délicate période d’adaptation, la Division se rend peu à peu capable de remplir une mission pour laquelle elle a été trop hâtivement préparée. L’opération « pilote » est entamée dès le début de 1957. Cette action sera poursuivie sans relâche, la sécurité s’étendant progressivement aux villages les plus reculés du DAHRA ou de l’OUARSENIS.

 

C’est surtout au cours de la période 1958-1960 que les vigoureuses et multiples actions, menées dans le massif de l’OUARSENIS et de la chaîne côtière du BRAZ-DAHRA, vont permettre, au prix de fortes pertes de s’assurer progressivement du contrôle du terrain et des populations. En février 1959, la lutte est portée avec l’appui des troupes de Réserve générale au cœur des zones refuges où vivent quatre Katibas rebelles. Des opérations particulières sont également conduites par des commandos parachutistes de Réserve générale et les centaines du 11ème Choc. Fin 1959, la Zone dispose de moyens très importants et son dispositif a été profondément remanié pour tenir compte de la situation.

Le secteur d’ORLEANSVILLE a été confié au 131ème RI qui dispose du III/131ème RI à BOU CAID, du II/2ème RIMA à VARNIER, du 25ème Dragons à ROUINA et du II/10ème RAMA à OUED FODDA, près du centre d’entrainement commando. Le secteur de MILIANA est maintenant à la charge du 23ème RIMA disposant de son 2ème Bataillon à HAMMAN RIGHA, du I/131ème  RI , du 9ème BT à MILIANA et du 28ème Dragons aux PUITS. Le secteur de TENIET EL HAAD est confié au 5ème Régiment de Chasseurs d’Afrique, renforcé du II/131ème RI à GENERAL GOURAUD, du 2ème CGNA et du 585ème BT implanté à la ferme PETER. Le secteur de CHERCHELL a maintenant son Bataillon de secteur, le 146ème BI, et le I/22ème RI à BOIS SACRE. Le secteur de DUPERRE a lui aussi une unité de secteur, un escadron, le 5ème Spahis à six escadrons à cheval, ainsi que trois groupes d’artillerie de provenance diverse : II/30ème RA à KERBA, I/41ème  RA à CARNOT, et II/64ème RA à DUPERRE.

 

Le 22ème RI est toujours au bord de la mer à TENES avec le I/18ème RA à PAUL ROBERT. Le 8ème chasseurs à été dissous en mai à DUPERRE. Quant au GT 359, il est devenu, en janvier1958, Groupe de Compagnie de Transport.

 

De février à juin 1960, les bandes rebelles de l’OUARSENIS subissent la pression des unités de secteurs et de quartiers. En juin et juillet c’est au tour du DAHRA-BISSA où est implanté une Katiba. En juillet et août, les unités de réserve du CA d’ALGER participent à l’opération « cigale » dans l’OUARSENIS. En novembre, elles sont rejointes par deux EMT du CAO pour le déclenchement de l’opération « Epervier ». Les prélèvements effectués pour assurer l’ordre dans les villes à la fin de l’année ne permettent pas de développer l’action des troupes.

 

La poursuite des opérations de destruction des bandes reste alors à la charge des divers commandos de chasse, Gendarmerie notamment, qui opèrent depuis leur création au début de 1959. Ces commandos, plus que partout ailleurs, ont joué un rôle essentiel dans cette région montagneuse, aux confins de l’Algérois et de l’Oranais et sur la façade maritime particulièrement accidentée. Hormis les commandos parachutistes dont trois environ ( parmi lesquels le célèbre commando « GUILLAUME ») séjournent en permanence dans l’Est de la zone,  ce sont seize commandos de chasse, dix « Kimonos », et six « Partisans », qui opèrent en ZOA.

 

Ils seront trois à opérer sur le secteur d’ORLEANSVILLE ( K 31 et 33, P 20 ), trois sur TENIET ( K 23, 32 et P 21), deux à CHERCHELL( K 24 et P 22 ), deux à MILIANA ( K 30 et P 44 ), deux à DUPERRE ( K 1 ou commando « Kobus », devenu Krik, et K 40 ),et enfin quatre à TENES ( K34 et 36, P 26 et 43 ).

 

Les divers éléments de la division disparaissent peu à peu. Le 22ème RI est dissous en mai 1962 à MILIANA, ainsi que le 131ème RI. Leurs bataillons sont dispersés en métropole pour y être dissous ou en ALGERIE où ils deviennent des bataillons autonomes. En juillet 1962, les zones et secteurs disparaissent. La division est alors constituée en deux groupements : « A » à ORLEANSVILLE et « B » à MILIANA.

 

En octobre, le II/30ème RA devient 30ème groupe à MILIANA tandis que le 28ème dragons qui avait remplacé le 28ème chasseurs s’embarque en septembre pour y être dissous.

 

La 9ème DI disparaît elle même le 31 décembre 1962.

 

 

 

 

Ce texte est extrait du livre « Soldats du Djebel »

 

 

 

Michel.

 

 

                  

 

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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 15:12

CEUX  DE  CHERCHELL

         Un très beau livre que vous pouvez vous procurer en contactant Arnaud de VIAL.


      

GOURAYA : LA VRAI GUERRE D’ALGERIE SE JOUE LA !

UN QUARTIER PACIFIE ET UNE EXPERIENCE QUI DONNE A REFLECHIR !

 

 

 

Afin de nous donner une idée plus saine du travail de l’armée en Algérie le commandement de l’école invite notre promotion à visiter un sous quartier voisin, tenu par le 22ème Régiment d’Infanterie.

 

Ainsi au lever du jour embarquons-nous avec armes et bagages sur nos camions où nous pouvons maintenant nous installer par affinités et non plus dans un ordre imposé.

Nous partons cette fois le cœur léger en touristes, oui je dis bien …. En touristes ! Nous jouissons enfin du paysage toujours renouvelé de la route de GOURAYA ; après avoir traversé NOVI et l’oued RHILES sous les acclamations de la population nous doublons la Pointe des Oliviers et sa piste pour PIPERS. Nous laissons les Quatre Mamelons et le Mont des Carrières pour voguer en terre inconnue.

 

Après FONTAINE DU GENIE : une dénomination très « Mille et une nuits » qui me déçoit par son aspect prosaïque, nous atteignons les bords de l’oued MESSELMOUN. Il s’étire langoureusement entre deux grands bancs de sable argenté sur lesquels la MEDITERRANEE froide laisse glisser des vagues boueuses.

Le convoi stoppe un instant devant le regroupement dans lequel le 22ème R.I. à réuni la population du douar MESSELMOUN auparavant entièrement disséminée dans le djebel maintenant abandonné aux combattants.

Nous continuons vers la villa du Débarquement : triste ruine étouffée par la végétation envahissante du maquis. Ici se sont rencontrés plusieurs officiers Américains, dont le Général LEMNITZER, et quelques officiers Français dont le père de Philippe DULLIN, E.O.R. de ma promo, en vue d’un débarquement en AFRIQUE DU NORD.

 

Le sous-marin SERAPH qui les avait amenés sur cette côte a quitté depuis longtemps ce rivage et les pans de mur de la villa s’écroulent peu à peu. Quant au petit monument commémoratif il s’efface également, au grand regret des photographes du convoi.

 

Bientôt nous serons à GOURAYA, où le commandant de quartier nous pilote et nous expose la situation sur son secteur.

- Un P.C plusieurs postes de quadrillage, une S.A.S : voilà notre infrastructure. Une population regroupée pour éviter le contact avec les Fells et sur laquelle on a beaucoup d’influence. Les rebelles ont une implantation complexe leurs zones chevauchent en général deux secteurs des forces de l’ordre. De petites bandes armées circulent dans le no-man’s-land et cherchent à contacter la population.

 

Sur une grande carte du quartier l’officier de renseignements nous montre ensuite l’implantation déjà connue : caches, filières des ravitailleurs et collecteurs de fonds. L’organigramme rebelle est assez bien établi et l’on connaît pratiquement le nom, le grade et l’armement de chaque djounoud.

 

Ensuite, l’O.R. ouvre devant nous un énorme tableau à trois volets cadenassés semblable aux triptyques Flamands, couvert de noms aux consonances locales. Parfois l’un d’entre eux est barré, la date de l’accrochage étant inscrit à côté.

 

Peu après cet aperçu sur la situation militaire nous sautons dans nos bahuts qui abandonnent rapidement l’axe côtier pour s’enfoncer dans les terres par une piste en lacets. Ce chemin pierreux serpente à flanc de djebel et surplombe bientôt des lits d’oueds qui ont profondément creusé la masse sauvage des montagnes farouches.

La route est extrêmement étroite : les camions ont beaucoup de mal à prendre les virages en épingles à cheveux. C’est une ambiance très « salaire de la peur » et nous avons des sueurs froides sinon glacées, à chaque fois que notre camion fait une marche arrière au bord de l’abîme !

 

Dans notre dos la mer perd son aspect hostile et froid pour prendre un aspect anonyme et immobile : le bol amer des eaux n’est plus qu’un gel, bien figé jusqu’à l’horizon.

 

Autour de nous, aucune trace de vie : seul un marabout, petit cube blanc surmonté d’une coupole en ogive pareille aux casques des guerriers d’Allah dans les miniatures persanes, veille sur la vallée du silence.

Notre convoi progresse lentement comme une colonne de fourmis sur le cadavre d’un géant Gulliverien.

Non loin de la route nous découvrons un homme armé d’un fusil en civil , chacun s’agite déjà, mais le chef de rame l’ignore et les bahuts rentrent bientôt dans une S.A.S., où nous attend un lieutenant au calot rouge, armé de grosses lunettes de soleil qui nous guide dans son domaine : « TAOURAT ».

Son poste est inconfortablement dominé par un piton en pain de sucre dont les pans de pierre grise se colorent par endroit de plaques de mousse verte.

 

Nous nous sentons mal à l’aise parmi ces montagnards dont les regards sombres et farouches nous scrutent.

Tous ces hommes basculent d’une préhistoire attardée au monde contemporain. Toute la question est de savoir si cette évolution sera réalisée par nous ou par les fells. La réponse n’est pas dans le déterminisme de l’histoire, elle est là sous nos yeux, dans le carré de territoire que garde et que pacifie le 22ème R.I.

 

Le civil que nous avons rencontré – armé d’un lebel – n’est pas un fell. C’est un de ces bergers qui ont demandé des armes pour se défendre. Il est libre, il peut prendre le maquis et rejoindre « les frères » avec son fusil et cependant il ne le fait pas.

 

Hier trois fells ont été sortis d’une cache non loin d’un petit douar situé au pied de la S.A.S. dénoncé par un civil à la suite d’une chicaya.

Un berger rentre dans la cache à plat ventre mais reçoit une décharge de chevrotines. Le tireur est peut être même son frère qui a pris le djîch, et qui est coincé dans ce piège.

 

L’ « équipe grotte » se pose rapidement en hélicoptère et le génie va essayer de les enfumer avec un produit lacrymogène . Les H.L.L. ont compris ce qui les attendait et crèvent les tuyaux qui refoulent le gaz irritant dans leur trou, au ras de la sortie. On bouche l’entrée et la séance reprend. Au bout de plusieurs heures un fell sort, toussant et crachant. L’O.R. essaie de savoir quels sont ses antécédents et qui se trouve encore dans la cache….

 

A coup de grenades les deux autres suivent le même chemin, cette fois en assez mauvais état.

 

La population regarde silencieuse. Ceux là ont perdu soit, mais extérioriser un signe de joie peut amener par la suite de terribles représailles.

 

Le terrier est vidé, les armes et les documents récupérés avant d’être dépouillés par le service de renseignements.

 

Notre visite se termine par un déjeuner pittoresque et nous percevons des rations collectives de bonne qualité ce qui cause de violentes disputes, une vrai chicaya au diapason de la « voix de tête » entre nos deux pieds noirs G.GIVONE et J.P.BRULARD, car c’est à qui gardera les paquets de cigarettes et les tubes de lait condensé.

Les bahuts nous attendent au parking et nous laissons bientôt la S.A.S. pour nous enfoncer encore plus avant dans ce massif par une piste en corniche.

Quelques mechtas se cramponnent au roc et devant elles, nous apercevons pour la première fois des arabes prosternés vers le levant, faisant la prière de l’après-midi  Salât el’ Asr.

 

La montagne grise a des reflets funèbres ; des lambeaux de brume, chassés par le vent, fuient à nos pieds. Les crêtes dénudées se laissent fouetter avec indifférence par des rafales humides et violentes, qui nous bousculent, quand nous stoppons au sommet de la chaîne , pour admirer cet âpre chaos.

 

Nous poursuivons ensuite jusqu’au petit douar de TAZROUT, situé sur l’autre versant, dans un creux de djebel. Les mechtas sont construites en pisé et en pierre, leur toit est un mélange durci d’argile et de branchages entrelacés dont un des côtés prend appui sur le versant de la montagne et de l’autre s’avance vers la vallée. Sans s’en apercevoir, on marche ainsi parfois sur le toit d’une habitation.

 

Un de mes camarades manque de tomber dans une matmora pleine d’eau, dans laquelle macèrent les caroubes sauvages dont se nourrissent les habitants.

 

Au centre du village se dissimule une petite place en terre battue, encadrée par deux constructions préfabriquées en tôle blanche. Ce sont les baraques FILLIOD qui servent de logements et d’école aux instituteurs, des militaires du contingent, au nombre de trois.

 

J’admire l’assurance tranquille avec laquelle ils font la classe à une soixantaine d’enfants blonds des kabyles sans doute, qui nous montrent leurs cahiers forts bien tenus avant de nous chanter « A la claire fontaine ». Mes amis et moi leurs posons toutes sortes de questions sur leur vie, sur leur travail, leurs espoirs et leur famille.

Nous ne sommes pas mécontents de cette journée qui s’annonce fort intéressante : le 22ème R.I. a fait là un réel et incroyable travail de pacification. Nous sommes loin des idées reçues propagées par méconnaissance des réalités ! Mais serions-nous prêts en France à en payer le vrai prix : celui d’une égalité des chances entre musulmans et métropolitains ensuite ?

 

Les trois instituteurs nous font part de leur sentiment de solitude : il est vrai que le poste le plus proche est à deux heures de chez eux par beau temps et de jour !

Leur seul compagnon est un gros pistolet-mitrailleur Thompson. Cependant cette arme luisante qui traîne sur la table n’empêcherait pas les fells du secteur de venir les massacrer ! Leur égide est plutôt faite de courage et d’abnégation. Ces gens là ne combattent pas par les armes et pourtant ils sont en train de faire la conquête des cœurs…

Mais tout ceci est un des profonds mystères de cette guerre d’Algérie et aussi un grand exemple pour ceux d’entre nous qui veulent faire leur service ici. Nous sommes profondément remués par ce que nous voyons de nos yeux : ainsi, c’était donc possible ?

 

L’après midi est encore consacrée à  la visite d’un marabout célèbre dont la réputation de sainteté s’étend au-delà du douar des TAZROUT HASSEN. Il est enterré dans une grande Kouba située au pied du village.

 

Le tombeau est formé par une construction carrée couverte d’un toit pyramidal. Il faut se glisser à l’intérieur par une porte de bois noir ornementée de gros clous en fer forgé. Je suis saisi par l’obscurité et par la vague odeur de parfum qui flotte dans le marabout….

 

Une deuxième salle communique avec cette antichambre par un passage minuscule. Au centre de cette pièce un énorme coffre de bois recouvert de satin bleu-ciel et de soieries multicolores ; nous en faisons le tour par l’étroit couloir qui forme une sorte de petit cloître.

 

Dans des petites niches quelques bougies brûlent silencieusement – créant d’étranges zones d’ombre et de lumière qui font paraître translucides les fines colonnettes de stuc.

 

En ressortant au grand air nous sommes surpris par la fraîcheur du vent d’ouest. Il faut rejoindre les camions par le douar, une horde d’enfants court autour de nous pour nous demander du chewing-gum ou du chocolat. Nos uniformes, nos armes et notre convoi ont le même attrait pour eux que pour moi  - enfant – celui de ces riches soldats américains que nous regardions passer à ROME en 1944 dans du matériel flambant neuf…...

Nous partons maintenant vers un gros poste militaire implanté à une quinzaine de kilomètres de là. Les bahuts empruntent une piste tracée par l’armée avec des moyens plus modernes que ceux des centuries romaines qui parcouraient ces massifs vingt siècles plus tôt ; ces axes répondent cependant au même esprit : ouvrir ces territoires à notre influence, construire la future infrastructure du pays.

 

La nuit tombe, enveloppant d’une brume bleuâtre la nudité de ces grandes montagnes éventrées par le travail patient et secret de l’eau.

 

Le vent éperonne de gros nuages sombres qui éclatent en mille rayons de pluie percutant le sol avec un bruit mat ; la terre se dissout insensiblement en minces filets d’eau boueuse et jaune. Les oueds gonflés emportent en grondant de larges blocs de rochers qui rebondissent sur les gradins avec de grands chocs sourds avant de disparaître dans le secret du crépuscule.

 

Le bar du poste tout illuminé et agréablement chauffé parvient difficilement à contenir tous les E.O.R. Le chef de poste, un lieutenant « deux barrettes » nous fait un topo sur la pacification de son secteur, sur les méthodes employées et sur les résultats obtenus. Un aspirant de la promotion 101 frais émoulu de l’école semble encore nager complètement et se faire difficilement à sa fonction de second. On le comprend !

 

Ma section s’installe dans un bâtiment abandonné : les feux que nous avons allumés en plein air en profitant d’une accalmie lancent vers le ciel noir des gerbes d’étincelles. Le repas est très gai, nous partageons nos rations avec le lieutenant RAOUL et le capitaine DORR. L’ambiance est maintenant très détendue et nos instructeurs ne nous traitent plus comme des élèves.

 

Le lever du jour après une nuit passée sur de la paille tiède surprend plus d’un E.O.R. attardé dans son sommeil. Le réchaud miniature de DULLIN s’épuise à nous faire du café chaud.

Après le rassemblement nous visitons le regroupement noyé dans une brume à couper au couteau qui masque le paysage environnant. Je visite une mechta en pisé : il y fait noir comme dans un four.

 

Dans un clair-obscur à la Rembrandt vivent de vieilles matrones ridées, enroulées dans des tissus multicolores. Deux filles nubiles me dévisagent de leurs yeux noirs, elles sont d’ailleurs fort belles et pour se donner une contenance, elles tisonnent le petit foyer qui noircit les flancs d’une marmite centenaire.

 

Pour tout mobilier un tapis roulé dans un coin, un coffre sculpté contenant de la farine. Quelques provisions pendues aux poutres tordues et noircies en compagnie de deux outres en peau de chèvre et quelques chapelets d’oignons.

 

Sur le pas de la porte nous discutons ensuite avec les hommes du douar, vêtus de djellabas défraichies ou de grands sarouals qui ressemblent à des pantalons de zouaves. La tête est toujours couverte d’un chèche blanc ou d’une chéchia rouge. ;

Ce sont tous des cultivateurs ou des pasteurs dont les enfants gardent de maigres chèvres sur les pentes avoisinantes.

 

Le village, défendu par un réseau de barbelés, est infesté de chiens galeux qui aboient longuement à notre passage. Nous laissons les habitants de ce triste douar pour fuir devant la pluie.

Nous sommes à près de mille mètres d’altitude et le vent fait violemment claquer les bâches de nos camions. Il nous faut rebrousser chemin car la tour que nous devions visiter, installée au sommet d’un piton pour servir de relai-radio est devenue inaccessible.

 

D’autres ennuis nous attendent : arrivés au grand col où nous étions passés la veille les camions se mettent à glisser, tous freins serrés, sur la piste qui descend vers GOURAYA. Nous débarquons sans nous faire prier malgré une pluie battante qui transperce nos cirés. Sombre perspective, nous avons une quinzaine de kilomètres à faire à pied si l’état de ce chemin ne s’améliore pas. Bientôt une double colonne de piétons serpente sur les nombreux  lacets qui épouse le relief, BRULARD et moi lançons tout notre répertoire de chansons mais le froid et la pluie paralysent les gosiers de nos camarades et nous ne rencontrerons pas beaucoup d’échos parmi les E.O.R. de la « sept ».

Après quelques heures de marche nous dépassons les camions descendant à vide, bloqués par le chef de rame qui s’est mis en travers : une de ses roues donne dans le vide. Va t’il  basculer ? Après une demie heure de manœuvres prudentes il s’en sort mais le pilote est vert….

 

Vers midi nous avons presque rejoint la route goudronnée : le convoi reformé réussit à doubler un bahut immobilisé qui a cassé un pont avant dans la dernière épingle à cheveux. Nous l’abandonnerons avec une garde d’E.O.R., les pauvres ricanons nous !

 

Il faut rentrer à l’école, bâches relevées à cause des embuscades possibles et nous claquons des dents sur la route du retour.

 

 

 

 

Ce texte est extrait du livre  CEUX DE CHERCHELL. Il est reproduit avec l’aimable autorisation d’Arnaud de VIAL.  Arnaud.devial@wanadoo.fr

 

 

 

           Michel.

 

 




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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 17:35

L’ ASSISTANCE  MEDICALE  GRATUITE  AU  22ème R.I.

 

 

C’est vrai que la guerre avait une drôle de bobine en ALGERIE.

 

Et pourtant c’était la guerre aussi, cette « pacification ». Un exemple. Nous avions au bataillon un sergent infirmier exceptionnel de dévouement, doublé d’un baroudeur infatigable et que je ne prendrais pas le temps de cacher derrière un nom de roman : kinésithérapeute dans le civil, sergent ROUSSEAU. Il soignait tout le monde, n’importe quand, n’importe où. Il apprit à cinq douars à se débarrasser des matrones et à faire accoucher les femmes un peu mieux qu’en les pendant à la poutre maîtresse de la mechta. Fractures, infections, tumeurs, paludisme ; ROUSSEAU mena, dans tous les douars du quartier, un combat impitoyable contre eux tous. Très mauvais pour la propagande nationaliste çà ! Impossible de faire passer ce Saint Vincent de Paul nouveau style « tenue camouflée et carabine U.S. » pour un tortionnaire. Les fells décidèrent donc de l’occire. Un soir, ils firent parvenir au P.C. un appel « une femme en gésine à deux lieues de là » et l’attendirent.

 

     Quinze pour lui tout seul. Un honneur ! D’ordinaire ROUSSEAU se déplaçait dans un convoi de quatre jeeps « le propre convoi du commandant ». Parties cette nuit là , les quatre jeeps !….  ROUSSEAU décida de s’en passer et s’élança à bord d’un blindé, suivi d’un autre en protection.

 

     Les fells ayant réglé leur tir pour des jeeps, donc des véhicules bas et découverts, mitraillèrent les plaques de blindage, redressèrent leur tir au jugé et décrochèrent sous le feu des 12,7, laissant deux morts sur le terrain.

 

     J’ai donc le regret d’apprendre à d’aucun que la pacification, aussi, c’était la guerre.

 

 

 

Extrait du livre « CRAPAHUT » de Jean Pierre BRESILLON édité par la FNACA de Saône et Loire

 

      Michel.

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2 juin 2009 2 02 /06 /juin /2009 11:23





MON AME A DIEU

        MON CORPS A LA PATRIE

                MON HONNEUR A MOI

 

 

Extrait des mémoires de Pierre GUILLAUME éditées chez PLON.

 

LE COMMANDO GUILLAUME EN OPERATION DANS LE SECTEUR DE TENES.

 

Nous avons pris d’assaut le village, mais les fellaghas avaient décroché entre-temps par le bas. Je prévoyais qu’ils passeraient par là, et le stick que j’y avais envoyé nous a appelés à la radio. LUBIAN m’a rendu compte : son commando n’était pas assez nombreux. Mais il a pu observer, sur la piste, une colonne d’une centaine de fellaghas qui semblaient évacuer des blessés et des morts sur des mulets. J’étais soulagé lorsque j’ai vu arriver l’ensemble du stick. Nous avons récupéré quelques armes de guerre et nous nous sommes installés en couverture au-dessus du patelin. Après tout, je ne savais pas si les fellaghas étaient réellement partis ou non. Finalement, ils ont évacué pratiquement la totalité du terrain. Je pense qu’au début ils avaient espéré qu’on rentrerait dans le village pour nous coincer. Nous étions nettement moins nombreux qu’eux. Voyant que cela n’avait pas marché, ils ont relevé leurs blessés et tués.

Nous sommes repartis le lendemain et avons récupéré des morceaux d’uniformes. Le général qui commandait la zone d’ORLEANSVILLE est arrivé en hélicoptère, au matin pour voir les résultats, alors qu’aucun renfort n’était venu la nuit. On a compté une quarantaine de tués et de blessés. Etant donné que nous tenions le dispositif, cela aurait valu le coup de monter un bouclage du coin pour ramasser les fellaghas qui restaient. Le général s’est approché de moi et m’a dit : « Alors, il ne fait pas chaud ce matin ! » Je lui ai répondu : « non, ça va , le moral est bon, les troupes sont fraîches ! » Nous étions sales, pleins de boue . Et j’ai ajouté : « Pour vous souvenir de la guerre en ALGERIE, je vais vous donner un calot de fellagha. » Je lui ai alors donné un calot plein de cervelle ! Il s’est demandé si je me moquais de lui ou pas, et l’a passé à son ordonnance. C’est la première fois que l’on obtenait un succès pareil. Nous avions ramassé un certain nombre de documents et, les jours suivants, nous avons fait plusieurs opérations dans la région vers laquelle était partie la katiba.

Par un des guetteurs intercepté pendant la nuit, nous avons appris que la compagnie rebelle avec laquelle nous avions eu cet accrochage était un commando zonal de cent cinquante hommes et cinq fusils-mitrailleurs, commandé par un certain SI SLIMAN. Une partie était restée cachée dans la forêt, attendant la tombée de la nuit et le départ de l’aviation après l’attaque du village pour nous tomber dessus. C’est ce même commando zonal FLN qui avait attaqué le commando au mois de mars et tué mon frère Jean Marie. D’après le guetteur fait prisonnier, les fellaghas pensaient avoir été trahis. Or j’avais repéré leur présence par le maquis que nous avions mis en place deux jours auparavant.

Nous avons su quelques jours plus tard que la katiba que nous avions accrochée le 27 août avait finalement eu une soixantaine de tués, de nombreux blessés étant morts des suites de leurs blessures. Par ce combat, le commando GUILLAUME confirmait sa présence gênante pour les fellaghas, et son efficacité sur le terrain.

Nous avons effectué d’autres opérations de fouilles diverses dans la région de l’OUARSENIS, continué nos opérations de chouf, et monté un certain nombre d’embuscades. Nous faisions un travail bien particulier, avec une grande liberté d’action. Nous étions parfois héliportés avec des H34, des SIKORSKY, lorsqu’une bande rebelle était signalée ou encore au milieu de grosses opérations. Après le départ du gros des troupes nous restions sur le terrain pour y poursuivre les fuyards qui avaient échappé au bouclage.

Début novembre, alors que nous repartions pour ORLEANSVILLE afin de changer de secteur d’opération et rejoindre notre cantonnement, des gendarmes de MOLIERE sont arrivés, accompagnés de trois ou quatre fellaghas, nous demandant si l’on pouvait les ramener avec nous . Un des gendarmes m’a pris à part et m’a dit : « Bien entendu, il n’est pas question qu’ils arrivent à ORLEANSVILLE ! » Je lui ai répondu : « nous ne sommes pas un peloton d’exécution, ni chargé des basses œuvres . Faites vos affaires vous même. » J’ai refusé de les prendre et les gendarmes ont été bien embêtés. Lorsque l’on parle des atrocités commises et autres, il ne faut pas oublier que l’officier qui commande a toujours la possibilité de refuser d’exécuter un ordre. Nous étions des combattants, et pas chargés de basse police.

Nous avons quitté ORLEANSVILLE, le 22 novembre, pour une opération dans la région de MONTENOTTE . Ce gros bourg se trouvait à une vingtaine de kilomètres de TENES, port ancien et ravissant. Un lieu proche du BISSA.

Cette zone était couverte de buissons élevés, épais, d’épineux, et c’était là que régnait le 22ème Régiment d’Infanterie qui, un jour, au cours d’une embuscade, s’est fait tuer une section complète, plus de vingt soldats. Tombée dans une embuscade et encerclée par les fellaghas, la section d’appelés , commandée par un aspirant du contingent, s’est rendue. Cinq soldats qui n’avaient rien à perdre ont rafalé et réussi à dégager. Ceux qui s’étaient rendus ont dû poser leurs affaires, se déshabiller, et ont été tués. Les fellaghas ont amené toute la population du coin pour leur couper les testicules et leur mettre dans la bouche ; ça a été affreux. Ceux qui n’étaient que blessés ont été achevés et mutilés ; seul l’un d’entre eux en a réchappé et a pu raconter l’histoire. La nuit précédente , le commando fellagha avait été hébergé dans une retraite de pères blancs, non loin de là, sous prétexte qu’il y avait des blessés. Nous avons par la suite eu affaire à ces fellaghas, qui sont venus rafaler à MONTENOTTE.

La région de BISSA appartenait à la famille d’ORLEANS depuis la conquête de l’ALGERIE. C’était un domaine considérable, où il n’était pas question de balancer du napalm pour brûler les buissons. Sur la demande factice du poste proche de MONTENOTTE, et pour faire croire à ceux qui écoutait la radio qu’un blessé devait être rapatrié avec un convoi d’escorte, nous avons entrepris l’opération. C’était une mission de pénétration et d’observation chez les fellaghas, avec un effectif de cinquante sept hommes. On ne connaissait pas grand chose sur cette région du DAHRA, et, dans ces cas là, nous étions toujours les seuls à faire des reconnaissances. Cette zone touffue, difficile à pénétrer, permettait certainement au FLN de recevoir des armes et des munitions. Le général SALAN était ennuyé par la présence de SI TARIC à la tête d’une compagnie qui avait déjà causé pas mal de dégâts dans la région Nous étions chargé de la surprendre et d’opérer comme d’habitude, en observant d’abord , et en dégroupant le reste après.

Notre stick a été déposé en route au nord de MONTENOTTE, vers 9 heures du soir, et le reste du commando est resté en alerte à MONTENOTTE. Le temps était épouvantable, il pleuvait énormément et il y avait un vent terrible. Nous devions monter et descendre un nombre de pentes dans la flotte. Le terrain était glissant, et on pouvait difficilement s’écarter des pistes. Il pleuvait de plus en plus fort et les djellabas en laine que nous portions s’alourdissaient. Nous nous sommes arrêtés vers 5 heures du matin pour dormir un peu. Le lendemain, en position de chouf, nous avons aperçu, en fin d’après-midi , quinze rebelles en arme au nord, et quinze autres à  l’est. Nous étions entourés peu à peu. Les fellaghas ont ensuite commencé à grimper vers nous. Nous nous sommes alors dit : « Ou bien nous avons été repérés ou les fellaghas savent quelque chose. » Des choufs étaient installés. A ce moment là, nous avons fait un mouvement tournant. LUBIAN est passé par en dessous pour se farcir deux gars qui chouffaient  et ne nous avaient pas vus. Il fallait éviter les coups de feu, pour ne pas alerter les autres. Nous étions à dix ou quinze mètres les uns des autres. Un para a eu un seul gars au couteau . L’autre n’a pu être liquidé en même temps et a riposté en tirant. Nous avons alors ouvert le feu et l’avons blessé. Le fellagha tué se nommait SI BRAHIM, l’intendant de la région III, un homme important.

Cela a déclenché le feu des autres fellaghas qui grimpaient autour. Ils étaient trente et nous cinq. Leur riposte a été violente, mais mal ajustée. J’ai demandé une mission luciole pour la nuit, car j’étais convaincu qu’ils allaient attaquer à nouveau . Eh bien non. Ils n’ont pas pensé que l’on pouvait être si peu nombreux et imaginaient plutôt que l’on essayait de les attirer dans un piège. Les Nord 2501, avions de largage, sont arrivés en début de soirée. Le restant du commando nous a rejoints à la fin de la nuit. Le lendemain, nous avons fouillé la zone. Ce devait être le commando FLN à la recherche duquel nous étions. Nous avons fait mouvement en camion sur MONTENOTTE, puis, le jour suivant à pied vers le poste de TAOURIRA où l’ensemble du commando GUILLAUME a été renforcé par des éléments du 22ème R.I. La progression était pénible, il pleuvait et la piste était détrempée. Le lendemain, nous avons continué à progresser dans le brouillard et la pluie. Le commando est resté toute la journée dans des mechtas abandonnées car cette région était pratiquement vidée de ses habitants.

Le 27 novembre 1957, nous étions toujours là, gelant, parce que nous ne pouvions pas faire de feu. Nous étions trempés et n’arrivions pas à nous sécher .Nous avions seulement fait du feu dans des mechtas en laissant tout fermé, et en respirant l’air frais au ras du sol. Nous avions la vague illusion que ça chauffait en voyant une flamme ! A 9heures 45, nous sommes partis par le poste du BISSA. Nous nous sommes arrêtés à 1 heure à la maison forestière du BISSA pour attendre les éléments du 22ème R.I. attardés, puis nous avons fouillé le plateau. Nous avons eu un incident avec une patrouille complètement égarée de la 7ème compagnie du 22ème R.I. Il y avait une montagne assez élevée et nous en avons fait le tour, pour essayer de coincer des fellaghas que l’on pensait être de l’autre côté. On en avait aperçu quelques uns le long du flan de la montagne escarpée. Il était 5h 40, je venais de dire aux hommes du commando de faire attention car le terrain était pourri. Je m’étais retourné en disant cela. Deux secondes après, j’attrape un rocher pour me tenir et il part. J’avais un pied en l’air, l’herbe est partie avec moi et j’ai dévissé d’à peu près six mètres. Heureusement, il y avait un ressaut de rocher, sinon je ne serais plus là pour le raconter, car ça dégringolait sur deux cents à trois cents mètres. Je me suis retourné comme un chat en l’air, lors de ma chute, pour me retrouver face à cet espèce de piton. Ma carabine, que j’avais ramené sur le côté droit, a éclaté en morceaux. Il n’est rien resté à part le canon. Sans cela, j’aurai certainement eu le foie éclaté. J’avais un poignet cassé, plusieurs côtes fêlées ou cassées et la mâchoire fracturée ; mais ça on s’en est rendu compte beaucoup plus tard.

Je me suis retrouvé comme un imbécile sur mon piton. Comme j’étais en tête, les paras qui étaient derrière m’ont vu dévisser. Ils sont descendu le long de la paroi et ont prévenu par radio les T6 qui étaient en l’air, leur disant que j’étais blessé. La falaise était à pic et il n’était pas question de me remonter. Le ressaut était cependant suffisamment large pour permettre à un hélicoptère de se poser. C’était mon copain, le capitaine DELAUSANNE, qui se trouvait en l’air avec un de ses équipiers. Une évacuation sanitaire d’urgence a été demandée et un hélicoptère a été envoyé. ORLEANSVILLE a préparé un plan d’opération car ils ne savaient pas ce que j’avais comme blessures. Ils pensaient que je pouvais avoir quelque chose de grave, à cause de la superbe chute. Sur mon rocher je ne bougeais pas, j’étais drôlement  sonné. Un petit hélicoptère est arrivé et s’est posé à ras du ravin. Il n’y avait pas de place pour un brancard à l’intérieur, et l’on m’a ficelé avec un brancard à l’extérieur, sur un patin, la tête en bas pour que je ne sois pas sur le dos, et puisse respirer normalement. Je n’ai pas vraiment apprécié. L’hélicoptère n’arrivait pas à décoller. En l’air, le copain de DELAUSANNE était nerveux, se demandant ce que le pilote fabriquait. Nous étions vers mille deux cents mètres et, chaque fois que l’hélicoptère essayait de décoller, il y avait un effet de sol. Il se mettait à partir en oscillation, et se reposait. Et je me ramassais un nouveau choc. Cela s’est passé ainsi une demi-douzaine de fois.

J’entendais dans le cockpit le pilote qui se faisait engueuler par le capitaine DELAUSANNE. Le pauvre n’y pouvait rien, mais il a vu le moment où il ne pourrait pas décoller. Je ne pesais pourtant pas tellement lourd. Pour finir, il a fait un truc que je n’ai pas tellement apprécié : pour se récupérer, il a plongé. A peine décollés, nous avons filé vers le bas, et j’ai vu la terre de très près. Les fois précédentes, je la voyais de près, mais en recevant en plus des cailloux plein la figure car les pales de l’hélicoptère tournaient. Je fermais les yeux comme je pouvais. Le pilote me disait : « ça va ? » je répondais : « Oui, oui. » Le pilote se faisait toujours insulter par DELAUSANNE, et je me disais : « Pourvu qu’il ne continue pas à l’engueuler comme ça, le pilote est déjà nerveux, et ça va mal finir.»

L’hélicoptère a atterri devant l’hôpital d’ORLEANSVILLE et j’ai été immédiatement collé sur le billard. Là, ils ont mis les petits plats dans les grands. On m’a fait des tas de piqures, ce que je n’aime pas. Je leur ai dit d’arrêter les frais, que je préférerais dérouiller. Il s’agissait de réduire la facture et le reste, et de savoir si je n’avais pas le foie éclaté. Pour le savoir, les médecins appuient dessus. Déjà que je n’étais pas frais….. Le plus étrange, c’est qu’à  ce moment-là une fracture n’ait pas été constatée : celle de la mâchoire. J’ai passé quelques années après une radiographie pour je ne sais quoi, et l’on m’a dit : « Vous avez eu la mâchoire fracturée ! »

Parce que mon frère avait été tué quelques mois auparavant, on a voulu absolument me rapatrier sur le Val-de-Grâce, à PARIS. C’était au moment de Noël, et je suis rentré dans un avion sanitaire. Je me rappelle l’arrivé à ORLY : on nous mettait sur des brancards pour nous emmener dans les ambulances, et il fallait traverser l’aéroport. Là , les passagers qui nous voyaient se taisaient. Au Val de Grâce, il a fallu recommencer la réduction de la fracture. Je suis resté pendant un mois à l’hôpital, le temps que le poignet se rétablisse. C’était le plus embêtant, car , pour tirer, c’est utile.

Enfin rétabli, j’ai quitté le Val de Grâce et PARIS le 30 janvier pour MARSEILLE en passant par BAYONNE. J’ai rejoint le commando le 14 février 1958. Les parachutistes étaient ravis de me voir arriver. Nous sommes restés trois jours au repos pour fêter cela, et préparer de nouvelles aventures !

Le 17 février, nous avons été héliportés et engagés dans une opération dans la région d’EL MARSA, secteur de CHERCHELL. Deux parachutistes du commando ont été tués « Elie THIESEN et Jean HORENSTEIN » et un blessé, Claude POIRET.

Mais j’ai quitté le commando GUILLAUME le 12 mars 1958, rappelé par la Marine qui considérait que j’étais resté suffisamment longtemps dans l’armée de terre. J’ai été affecté, le 17 mars 1958, sur le « Gustave-Zédé », navire amiral du groupement d’action sous-marine, pour me remettre dans l’escadre, comme officier de détail………………..

 

 

Ce document m’a été communiqué par René DESCHLER.

 

 

Personnellement avec le commando de secteur de TENES  , j’ai participé à des opérations avec le commando GUILLAUME dans le BISSA au cours du 2ème semestre 1957.

 

            Michel.

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