Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
22 mai 2019 3 22 /05 /mai /2019 10:57

RADIO EN OPERATION

DANS LE SECTEUR DE FRANCIS GARNIER

 

J’ai participé souvent comme radio, lors des convois du lundi, de Ténès à Francis Garnier et les vendredis de Ténès à Pointe Rouge, de plus lorsque des radios partaient en permissions, le lieutenant me désignait pour les remplacer pour des opérations sur Fromentin, Francis Garnier et Montenotte.                                                                                                     

A Montenotte j’ai participé à plusieurs opérations entre octobre et décembre 1958.

Je te raconte ce qui s’est passé les 27 et 28 décembre 1958.

 

Le 27 décembre, nous sommes partis en convoi de Montenotte à Francis Garnier, en passant par Ténès vers 14 heures et nous sommes arrivés à Francis Garnier vers les 17 heures. Nous nous sommes installés dans un grand hangar, nous étions environ 50 à 60 hommes. Nous avons passé la nuit couchés tout habillé sur nos toiles de tente. Réveil à 4 heures du matin. Il faisait froid et j’ai allumé une cigarette, je n’étais pas le seul à le faire et nous étions toujours dans le hangar. J’ai reçu par derrière comme un coup de poing ponctué d’un « imbécile on n’allume pas une cigarette la nuit, qui es-tu ? » Je répondais, sergent PONS. Tu auras à faire à moi quand nous rentrerons ce soir, je suis le lieutenant Fourcade.

Nous sommes sortis, pour préparer le départ, et un sous-lieutenant vient me voir, tu es le radio ? Voilà quatre hommes avec toi, deux pour la protection, un aide pour la génératrice, et le muletier qui s’occupera de la mule qui portera le matériel radio Je lui réponds OK et nous voilà partis en file indienne sur le bord de la route. Peu de temps après nous avons emprunté un sentier qui montait dans la montagne à proximité de Francis Garnier. Il devait être 6 heures du matin, le jour pointait à peine. Nous avons marché jusqu’à 11 heures, montant et descendant des collines et des petites montagnes. Arrivés sur un petit plateau nous nous sommes arrêtés pour manger un peu et nous sommes repartis environ une heure plus tard, donc vers midi. Nous n’avions pas parcouru 200 mètres en descendant que nous avons essuyé des tirs de fusil mitrailleur, ces tirs venaient de l’endroit que nous venions de quitter. Deux groupes ont immédiatement contre attaqué mais n’ont rien trouvé, sauf quelques trous devant des buissons, les fellaghas étaient planqués dans ces trous que nous n’avions pas découverts.

Pas de dégât, nous sommes donc repartis. Arrivés vers la fin de la journée après avoir beaucoup marché, le soleil commençait à décliner, nous avons encore essuyés des tirs de fusils mitrailleurs durant 20 à 30 secondes, mais impossible de savoir exactement d’où ils provenaient. Mon muletier était couché à mes côtés, et il m’a dit avec son accent : «  Aïe, aïe, j’y ai mal serdjane, aïe aïe. »

Je lui murmure à l’oreille tais-toi, on va prendre une grenade. Il avait une balle dans le mollet. L’alerte passée j’ai appelé pour que l’on vienne le soigner.

Plusieurs blessés ont été regroupés, et j’ai appris que le lieutenant Fourcade avait été touché en pleine poitrine et était décédé.

Le capitaine qui commandait l’opération a décidé de passer la nuit sur place. Les officiers ont fait monter leurs tentes, qui avaient été transportées par des mules. Aucune des mules n’avaient été touchées. Le capitaine m’ordonne de contacter Ténès et Orléansville par radio ce que je fis promptement.  J’ai même eu un contact avec Alger.

Nous avons passé la nuit à la belle étoile, il faisait froid et le lendemain deux hélicoptères sont venus prendre les blessés et le corps du lieutenant Fourcade. Le 29 décembre 1958 vers les 10 heures nous avons rejoint une route où nous attendaient des GMC et des véhicules légers pour nous ramener à Montenotte par des pistes puis par des routes goudronnées.

Le sergent-chef  P… eu droit à une médaille…. Nous on nous ignora.

Je dois également préciser que j’étais aussi le radio de service lors du convoi « Ténès - Pointe Rouge », quand le lieutenant-colonel Gelle a sauté sur une mine, mais j’étais loin derrière dans une jeep, et je n’ai rien vu.

Tristes souvenirs, mais ils sont là.

 

         Guy PONS.

 

Partager cet article

Repost0

commentaires

Algeriahome 02/10/2019 02:30

Vive lalgerie